Le musée d’Orsay fait découvrir Willumsen, artiste danois très singulier

Partager

Le musée d’Orsay à Paris fait découvrir cet été Jens Ferdinand Willumsen (1863-1958), artiste danois très singulier, tout à tour naturaliste, symboliste ou expressionniste, autant peintre que graveur, céramiste ou photographe, et « individualiste forcené ». »Willumsen 1863-1958, Du symbolisme à l’expressionnisme », présente du 27 juin au 17 septembre une trentaine de toiles, une dizaine d’estampes, des céramiques et une quarantaine de photographies, pour la première monographie jamais consacrée à cet artiste en dehors de son pays d’origine.Les oeuvres présentées proviennent des collections scandinaves, et particulièrement du musée consacré à l’artiste dans sa ville natale de Frederikssund, près de Copenhague, à qui l’artiste a légué son oeuvre.Absent des collections publiques françaises, Willumsen « est un artiste singulier, un individualiste forcené qui a eu pourtant des liens très étroits avec la France », indique à l’AFP le commissaire de l’exposition Philippe Thiébaut. « Il est venu très tôt en France, où il a souvent séjourné avant de s’y fixer en 1916, il s’est réclamé de l’art français », ajoute-t-il.Formé aux Beaux Arts de Copenhague, Willumsen vient une première fois à Paris en 1888 où « il est tout de suite reconnu par le salon officiel de 1889 », dit le commissaire.Ses premières oeuvres sont marquées par le naturalisme, il peint des femmes au lavoir, des vues de Montmartre, avant de partir pour Pont-Aven où il rencontre Gauguin. Il y peint « Deux Bretonnes marchant », très inspirées d’Emile Bernard, « avec des aplats de couleur, un refus de la perspective, des surfaces cernées de lignes », dit M. Thiébaut.Il s’inspirera également des Nabis, « avait une grande admiration pour les groupes expressionnistes allemands », se rattache un temps à l’école danoise et au symbolisme nordique puis découvrira Le Greco lors d’un séjour en Espagne au début des années 1910. »C’est un peintre en constante recherche », dit le commissaire, « on ne trouve aucune unité dans son oeuvre, il ne veut faire partie d’aucun système », ajoute-t-il.Willumsen « est un rebelle. Dans les années 1890, hostile à l’enseignement académique danois, il fonde l’association Den Frie Udstilling (L’exposition libre) pour qui il dessine un bâtiment d’exposition » dont la maquette est présentée à Orsay. « Le gouvernement danois refuse le projet +en dur+ et n’autorise qu’un bâtiment en bois. Le plus cocasse est que ce bâtiment existe toujours à Copenhague, au bord de la mer », dit M. Thiébaut.Willumsen fera aussi scandale au Danemark, en gravant « Fecondité », un dessin, considéré comme impudique, de sa première épouse enceinte à quelques jours de son accouchement. Attiré très tôt par la photographie, il se représente nu sur un lit, dans un autoportrait étonnant de modernité.L’artiste s’est beaucoup représenté lui-même, en peinture ou en céramique. « C’était quelqu’un de très préoccupé par le culte de la personnalité, la question de l’individualité, c’était un grand lecteur de Nietzsche », ajoute le commissaire.

Partager