l Peut-être que s’il n’a pas été défiguré et que son cours n’a pas été pollué par les multiples détritus qu’on y jette, l’Oued Sebaou aurait constitué un refuge pour le moins salutaire et clément en ces temps caniculaires. Il n’y a pas si longtemps, se rappellent au fait les habitants des villages limitrophes, des gens de différentes régions y venaient pour passer jusqu’à des journées entières. Eux-mêmes, disent-ils, baignaient dans son eau qui était alors propre. Hélas ! doit-on dire, les temps ont changé et cette rivière n’est plus ce qu’elle était un jour. N’empêche, avons-nous constaté, celle-ci demeure un “lieu de détente” privilégié pour des dizaines de personnes qui s’y rendent chaque fin de journée. En quête peut-être d’un tant soit peu de fraîcheur, mais c’est surtout pour s’adonner à ce qui est devenu par la force des choses leur passe-temps favori que ces riverains se retrouvent chaque soir plantés, ça et là sur les rives du Sébaou pour pêcher… Dans un Oued qui est pourtant presque à sec ! Par conséquent le poisson ne doit pas être abondant, mais peu importe. “D’ailleurs, nous a-t-on fait remarqué, certains de ces “pêcheurs” savent à peine comment manier leurs cannes à pêche”. En fait, l’essentiel pour la plupart d’entre-eux, c’est de “tuer” leurs temps libre. A vrai dire, ces villageois n’ont pas grand chose d’autre à faire si ce n’est de s’attabler dans un café autour d’un jeu de domino. Sinon… En effet, ces villages qui longent l’Oued Sebaou ou les Amraouas, comme on les appelle communément, à l’instar, doit-on dire, de la plupart des villages de la Kabylie profonde, manquent terriblement de loisirs et de lieux et espace pour jeunes. Peut-être qu’un jour on pensera à les doter de Maisons de jeunes, par exemple. Qui sait ? En attendant certains s’y retrouvent dans la pêche à Oued Sebaou.
M. O. Ben Mokhtar
