Ce qui, sous d’autres cieux ne pouvait même pas s’inscrire dans le registre des faits divers, est en passe de devenir un événement et fait « la une » des discussions à Aïn El Hammam. Pour des broutilles, les citoyens sont pénalisés durant deux jours par la fermeture de la mairie. Mercredi dernier, les usagers de la mairie ont été empêchés d’y accéder de 8 heures à 10 heures. Jeudi, le même scénario s’est répété et les bouchers ont durci leur position. Arrivé devant la mairie, vers neuf heures trente, le président de l’APC a tenté de nouer le dialogue avec les révoltés, leur demandant de surseoir à leur mouvement et de lui donner ainsi le temps de faire les démarches nécessaires pour la réouverture de l’abattoir. Des cris fusèrent alors de l’assistance qui ne voulut plus attendre, d’autant plus que la veille, une promesse non tenue leur a été faite. Un vieil homme aphone à force de crier, expliqua que « hier, nous avons organisé un volontariat pour nettoyer, peindre et aider à remettre la tuerie en bon état. Nous avons acheté de nos poches tous les matériaux nécessaires, espérant comme promis voir l’abattoir ouvrir ses portes. Aujourd’hui, on nous demande encore d’attendre ». Des propos désagréables fusèrent de la foule qui grossissait au fur et à mesure que les curieux se rassemblaient. L’intervention de notables ne changea rien à la position des révoltés qui ne voulurent pas en démordre, estimant qu’ils ont été pénalisés à tort : « Nous payons nos impôts et taxes. Nous demandons nos droits », cria l’un d’eux. Plus que les raisons de cette révolte dont nous nous fûmes l’écho, à plusieurs reprises, c’est la fermeture aux citoyens d’une institution de l’Etat pour des brouilles qui est grave. Comment en est-on arrivé-là ? Si chacun en ce qui le concerne avait pris ses dispositions à temps, la situation qui risque d’ailleurs de dégénérer serait tout autre. Que l’on situe les responsabilités. Ce jeudi, les travailleurs qui mettrons à profit cette journée pour se faire délivrer des pièces d’état-civil devront attendre la semaine prochaine pour constituer leurs dossiers. Ce mouvement sera-t-il le déclic pour que l’on puisse se rapprocher enfin des petites gens même en dehors des élections ?
Nacer B.
