Les dissensions entre les groupes partisans formant la plénière ont tourné autour de la création d’une commission d’enquête sur le foncier de la wilaya ou procéder directement à la création d’une agence foncière, qui aura à «gérer et à protéger ce qui reste du foncier à Tizi Ouzou». Si le FFS soutient l’idée d’enquêter d’abord avant d’installer l’agence de wilaya, les élus du FLN défendent la proposition de l’administration consistant en la création de cette institution. Quant au groupe du RCD, il a préféré entretenir l’ambiguïté sur sa position. Dans une déclaration sommaire lue à la plénière, le RCD qui «souhaite voir les enquêtes administratives et pourquoi pas judiciaires diligentées aux fins de connaître les tenants et aboutissants ainsi que les acteurs à l’origine d’une spéculation scandaleuse», soutient d’une façon un peu voilée la création de cette agence en «faisant appel aux autorités concernées, (… ) pour que soit préservé ce que qui reste à sauvegarder». C’est cette déclaration qui a ravivé les débats entre élus des différentes formations politiques qui siégent à l’assemblée de wilaya. Les interventions ont été fortement ponctuées par des accusations et insinuations par lesquelles chaque groupe d’élus a tenté de faire endosser la responsabilité, voire même l’implication au bradage, à l’autre. Pour le FFS, il est d’abord nécessaire de «déterminer qui a fait quoi» sur le foncier de Tizi Ouzou et de «fixer les paramètres d’investigation pour pouvoir créer la commission d’enquête». Rabah Aissat, président de l’APW a motivé, dans son intervention, les raisons de l’opposition de son parti à la création d’une agence foncière qui menacerait, d’après lui, le champ d’action des élus. Ceux-ci, explique M. Aissat, seront ainsi dépossédés du reste des prérogatives qui leur sont conférés par les codes de wilaya et commune. En d’autres termes, le FFS s’oppose à l’idée de mettre cette institution foncière sous la tutelle et le contrôle de l’administration. Une vision que ne partage pas, bien évidemment, le FLN avec lequel le FFS a formé une alliance au lendemain des élections partielles. Une coalition, rappelons-le qui a conduit le groupe du parti d’Ait Ahmed à la présidence de l’assemblée de wilaya. Le wali, El Hocine Mazouz qui n’a pas apprécié la ferme opposition du groupe majoritaire à la création de l’agence foncière a répliqué : «Je ne suis pas venu pour m’approprier le foncier». Avant d’expliquer l’état de ce volet dans la wilaya de Tizi Ouzou qui est, selon lui, catastrophique et empêche toute démarche d’implantation des projets de développement. «J’ai le regret de vous annoncer que lors de la présentation des graphes de développement des wilayas du pays, lors de la dernière réunion des walis avec le gouvernement, notre wilaya s’est distinguée dans la courbe des régions qui accusent des retards dans le développement et la réalisation des projets», a-t-il encore annoncé. Et comme pour revenir aux allégations et échanges d’accusations entre les groupes partisans de l’APW, le wali rappellera l’emprisonnement de plusieurs personnes qui seraient impliquées dans le bradage du foncier de la wilaya et que l’instruction est toujours en cours au niveau des tribunaux. D’autres personnes pourraient également être poursuivies dans le cadre de cette affaire, qui promet de «révéler les noms des lobbies qui y sont impliqués et ayant tiré les ficelles».
M. A. T.
