Avant que l’effervescence provoquée par l’aménagement d’un cimetière communal et qui a fait réagir tous les villages que compte la commune ne s’atténue, voilà qu’une frénésie s’empare de nouveau de la cité depuis le lancement du projet de réalisation de stèles commémorative de la Guerre de libération, dont quelques unes sont déjà en chantier. Ce programme d’immortalisation de ce que l’on peut qualifier de mémoire collective est-il conçu de manière à répondre au vœu de toute la population sans provoquer des mécontentements et des frustrations ?Ou s’est-on lancé précipitamment dans une aventure qui risque de provoquer des remous ?Peut-on réellement édifier un monument ou une stèle à chaque endroit ou s’est déroulé un accrochage, une bataille ou encore un charnier ? Impossible est la réponse qui s’impose d’elle-même. A quelle logique obéit un tel programme ?Sachant que chaque commune possède son sanctuaire des martyrs englobant les chouhada de chaque circonscription et si dans l’immédiat la population est en position d’attente et d’observation pour suivre l’application de ce projet sur le terrain, l’intérêt qu’elle y porte ne présage rien de bon en cas de partialité dans sa concrétisation. Quel est le village ou même la famille qui accepterait que ses chouhada soient oubliés ou exclus de ce programme qui risque d’aboutir à des retombées fâcheuses sur ses concepteurs, à moins d’ériger des milliers de stèles pour satisfaire tout le monde, chose bien entendu irréalisable.
Omar Soualah
