A une certaine heure, la place Emir Abdelkader de la ville de Michelet se vide des taxis qui assuraient le transport individuel des personnes, et pourtant il arrive que des familles arrivent de destinations lointaines : d’Alger, d’Oran et de Tizi Ouzou, et ils ne trouvent point de moyen de transport pour rejoindre leurs domiciles, dans les villages reculés du chef-lieu. Heureusement, de jeunes chômeurs substitués aux chauffeurs de taxi, proposent leurs services quand ils sont sollicités. Les chauffeurs de taxi n’assurent pas de permanence ; pour certains, ils sont contraints de rentrer chez eux parce qu’ils ne résident pas dans la ville ; d’autres quittent la station pour trouver un peu de repos mérité avec la famille. Plus tard donc, dix-neuf heures en cette saison estivale, les officiels déposent les armes et rentrent chez eux.La relève s’installe mais avec une autre formule de transport, illégale vis-à-vis de la loi certes, mais heureuse issue aussi pour les usagers de la nuit. Cette pratique n’est d’ailleurs pas propre à la région mais est répandue partout. Certains de ces jeunes attendent leur tour de formation de taxieur imposée par les services des transports qui est seulement d’une durée de quinze jours afin d’exercer cette activité qui, selon notre source, connaît ces dernières années un engouement très important. Ces jeunes qui travaillent la nuit sont armés d’un courage et d’une volonté avérés, l’un d’eux avouera : “Je viens d’avoir mon diplôme pour travailler librement le jour et surtout, avoir mes droits d’assurance et autres avantages”. Et de reconnaître timidement : “L’aventure du travail de nuit est finie” Son ami enchaînera mais autrement : “Je continuerai à travailler les nuits pour subvenir aux besoins de ma famille”. Pas loin de nous, chez nos voisins de LNI, le mouvement des taxis est aussi garanti de nuit. Avec l’arrivée des émigrés, et l’approche des vacances, l’ambiance sera autre et la ville de Michelet retrouvera peut-être sa verve.
Ait Mouloud. O.
