Vacances de femmes

L’été en Kabylie, c’est les vacances pour les femmes aussi, celle qui travaillent ou qui ne travaillent pas. D l vakans ! Cela signifie, la plupart du temps, que les enfants ne vont pas à l’école et que les citadins et les émigrés vont venir au village. C’est l’occasion de revoir des parents, des voisins, des amis que l’on ne revoit qu’en cette période de l’année. C’est aussi l’occasion de voir, des maisons fermées à longueur d’années s’ouvrir. Tâammar taddart, le village se repeuple ! On a avec qui parler, chez qui aller, et ce n’est pas désagréable ! L’été, c’est aussi les fêtes, les mariages surtout : autre occasion, cette fois-ci de se défouler, de chanter, de danser. Et quand on sait que les festivités peuvent durer plusieurs nuits, on ne peut que se réjouir… Mais hélas, l’été, ce n’est pas seulement les retrouvailles ou la fête, c’est aussi la corvée de l’eau. Comme chaque année, l’eau manque dans la plupart des villages et il faut observer des tours pour s’approvisionner, voire se déplacer loin pour chercher le précieux liquide. Le spectacle de femmes transportant sur leurs dos de lourds jerricans n’a pas hélas disparu en dépit des efforts des autorités pour améliorer les réseaux de distribution en eau. Dans certaines familles, l’été c’est la saison du grand ménage : des greniers qu’on vide, de la peinture que l’on refait, à moins qu’il ne s’agisse carrément de construction… Alors, il faut travailler, transporter les matériaux, laver, récurer. C’est dire qu’on n’a pas une minute à soi… finalement, les vacances pour les femmes de la campagne ne sont pas de tout repos !

S. Aït Larba