Flambée des prix des fruits et légumes

C’est des prix inabordables qui sont affichés sur les étals des fruits et légumes au niveau de tous les marchés de la région. Le piment vert à 65 DA, la tomate à 60 DA, la pomme de terre entre 35 et 40 DA selon la qualité, la laitue à 45 DA, les haricots verts à 55 DA, à l’inverse de ce qui se produit d’habitude en cette saison qui voit les prix de tous les légumes énumérés chuter à leur plus bas niveau car c’est la période où les vergers et jardins locaux arrivent à maturité. Les propriétaires inondent alors les marchés, provoquant une sensible hausse de « l’offre » qui influe sur les prix, lesquels sont revus à la baisse cette année. Mais, c’est compter sans les spéculateurs qui ont innové, ne guettant plus les proies faciles à proximité ou même à l’intérieur des marchés, mais se rendent directement dans les vergers et les plantations pour rafler sur place, en achetant selon leur jargon « en gros et sur pied », avant même la cueillette dont il se chargent eux-mêmes en recrutant une main-d’œuvre occasionnelle et tout ce qui est consommable change de mains « sur-le-champ ». Les cultivateurs qui se voient ainsi déchargés d’un travail de finition considérable (cueillette, emballage, transport) de même que de la vente en détail très pénible au niveau des marchés non couverts par cette période caniculaire, cèdent leur produits à bien moins que moitié prix, un procédé qui permet à ces spéculateurs d’avoir une mainmise et un contrôle total des prix de toutes les récoltes locales. Les ménagères voient le volume et la variété dans leurs marmites se réduire telle une peau de chagrin, pendant que les pouvoirs publics assistent impuissants à l’affolement du baromètre des prix qui a atteint le plafond en absence d’un système de régulation performant en la matière, au même titre que celui des marchés à bestiaux qui connaît le même phénomène et où les maquignons se comportent en maîtres absolus des lieux.

Omar Soualah