En cette période de canicule, les villages, notamment dans l’après-midi, donnent l’impression de sommeiller : en tout cas, lorsque le mercure grimpe trop, les gens préfèrent rester chez eux. Il y fait également chaud mais au moins on est à l’ombre, et on peut faire un peu de courant d’air en ouvrant portes et fenêtres. Les plus heureux possèdent des ventillateurs, quelques uns même la climatisation, mais c’est encore exceptionnel. On va aussi dans les cours des maisons, à l’ombre des tonnelles ou pour ce qui en ont, des puits, endroits où règne une certaine fraîcheur. Ceux qui ont conservé les vieilles maisons kabyles –hélas, ils sont de plus en plus rares- se réfugient dans la soupente de la maison –taârict ou takana- sorte de grenier, mais également utilisé comme chambre, où il fait chaud en hiver et frais en été. Chacun se débrouille, en fait, pour lutter contre la chaleur. Une chaleur parfois étouffante. Mais heureusement, la chaleur ne dure qu’une partie de la journée : elle commence le matin pour atteindre son point culminant à midi, et elle dure toute l’après-midi. Dans le comptage traditionnel, on se réfère aux heures de la prière : d’hor (vers 13h) c’est l’enfer, laâser, vers 16 h, c’est l’accalmie, puis la fraîcheur qui s’installe progressivement. Certes, on connaît des après-midi et des nuits étouffantes, mais généralement ces périodes sont clémentes : les portes des maisons s’ouvrent, on va en visite et les hommes se rendent sur la place du village ou au café… C’est l’été, anebdu : à chaque saison son rythme…
S. Aït Larba
