Boudjima face à la misère de la pénurie d’eau

Boudjima est une commune qui se situe à une trentaine de km du chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou. La population de cette localité ainsi que les autorités locales font face à un problème endémique qui est la rarification de l’eau. « C’est le problème majeur dont nous souffrons depuis longtemps », nous déclare M. Maâla, maire de Boudjima. Selon lui, la commune souffre de trois grands problèmes : l’insécurité, la pénurie d’eau et l’état du réseau routier. Il n’y a que ce dernier qui a été pris en charge récemment par les pouvoirs publics avec le revêtement des principales routes desservant les villages de la commune. Le maigre budget de la commune est grevé par le problème de l’eau. La prise en charge de ce manque dépasse les capacités de la commune. Lors de notre visite dans cette commune, notre longue discussion avec les responsables de l’APC est sans cesse interrompue par des appels ou d’autres discussions avec les agents de la commune au sujet des travaux, plutôt des bricolages qui se font sur la conduite d’eau. « Monsieur, une conduite éclate du côté est de la commune… « , annonçaient les agents de la commune au maire. Les autorités ne savent plus à quels saints se vouer. Les citoyens réclame de l’eau, signalent des pannes mais ils n’arrivent pas à faire face avec les moyens dérisoires dont ils disposent. « Chaque jour, c’est ainsi; Nous tournons en rond, sans pouvoir régler définitivement le problème ou passer à autre chose », nous déclare de nouveau le maire. La principale chaîne qui alimente cette localité à partir de l’oued Sébaou a été réalisée en 1990. D’ailleurs, c’est la même conduite qui alimente aussi les communes de Ouaguenoun et d’Aït Aïssa Mimoun. Le tort de Boudjima est qu’elle se situe au bout de cette chaîne d’alimentation. Sans politique de gestion, il fallait s’attendre à ce que les autres soient d’abord satisfaits avant que l’eau, arrive à Boudjima. « Il faut doter en urgence Boudjima, d’une conduite d’alimentation indépendante », nous dit un élu. A ce dernier de dénoncer les sommes faramineuses que paye l’APC pour de l’eau non consommée. Ce problème réside dans le fait de l’installation d’un compteur au niveau de Ouaguenoun. La conduite est souvent piratée mais aussi, vu la vétusté de cette chaîne, l’eau se déverse souvent dans les ruisseaux. Pour parer à cet état de faits, il demande la réalisation d’un réservoir et d’une station au village Afir de cette commune. Les dettes que l’APC doit payer à l’ADE se chiffrent à 400 millions de centimes. « Au lieu de penser à améliorer le quotidien des citoyens, on se noie dans ce labyrinthe de l’eau », nous dit un autre élu. Les citoyens rencontrés, et que nous avons interrogés, se plaignent vivement de leur quotidien qui est devenu un calvaire, vu le manque d’eau. « Les plus chanceux reçoivent de l’eau 1 fois sur 15 jours », nous dit Madjid. Ceux qui ont les moyens ont d’ailleurs procédé à la réalisation de puits ou de forage. « D’ailleurs, dans presque chaque village, il y a une machine qui travaille. Les propriétaires s’en réjouissent car c’est tous les citoyens de la commune qui cherchent à réaliser des forages ou des puits », nous dit un citoyen de cette commune. Des requêtes adressées par des citoyens de cette localités aux différents responsables nous ont été exhibées par le maire. Mais à ce jour, aucune suite n’a été réservée. Le maire ne rate aucune occasion de réunion au niveau de la wilaya pour attirer l’attention des responsables en vue de délivrer Boudjima de cet épineux problème. « Jusqu’à présent, nous recevons des promesses, pas plus », nous dit le maire. L’ADE demande que les citoyens soient dotés de compteur pour renouveler les conduites. Les citoyens, à leur tour, exigent de l’eau puis l’installation de compteur. « Nous sommes prêts à payer pleinement les factures, à la seule condition : donnez-nous de l’eau », nous dit un citoyen du village Afir.

Mourad Hammami