Les organisations patronales critiquent les banques

Certaines confédérations se sont faits le relais du président en partageant ses idées notamment celles relatives à la réduction des taux d’intérêts et à la facilitation de l’octroi des crédits aux projets d’investissements. Le président a « mis le doigt là où ça ne va pas », a affirmé M. M’Henni, président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), cité par AAI. Et d’ajouter : « Il faut voir si les banques sont libres d’exécuter les réformes.  » Selon le même interlocuteur, la dernière tripartite a fait bouger les choses dans le bon sens, puisque d’après lui, les banques ont changé de comportements envers les opérateurs économiques. Il est à rappeler qu’une rencontre a eu lieu entre des représentants des organisations patronales et des responsables de l’Association des banques et des établissements financiers (ABEF), et une autre a regroupée les directeurs d’engagements des banques. A en croire le président de la CIPA, les banques se sont montrées disponibles à agir dans le sens des orientations du chef de l’Etat, mais, affirme-t-il, c’est la tutelle qui leur met les bâtons dans les roues. D’aucuns ont vu dans le discours du président devant les cadres de la Nation, une critique directe à l’endroit du premier argentier du pays, Abdelatif Benachenhou, ministre des Finances, en évoquant la réforme bancaire en ces termes : « Depuis 1999 qu’on nous parle de la réforme bancaire. Cette réforme, je ne l’ai pas vu venir ». « Les taux d’intérêts pratiqués par les banques sont de 5 à 8 %, alors que chez la Banque centrale il est de 0,75 % », fait observer le président de la République. Aux yeux du président de la CIPA, ces taux d’intérêts devraient être revus à la baisse pour se situer entre 3 à 4 %. La CIPA « va agir dans le sens des orientations du président de la République, qui a appelé les gestionnaires des entreprises publiques économiques ainsi que des opérateurs du secteur privé national à se mobiliser entièrement pour contribuer à la concrétisation de son programme qui constitue un plan exceptionnel que l’Etat offre à l’outil national productif « . Autre point à relever concernant les banques, les surliquidités ont atteint le chiffre de 10 milliards USD, qui dorment dans les banques alors que cet argent doit servir à soutenir des projets d’investissements. « Il y a dix milliards de dollars dans les banques qui attendent ceux qui veulent travailler avec cet argent », a souligné le président. Beaucoup déplorent le rôle dans lequel s’est cantonné le secteur banquaire, celui de simple guichet. Un autre responsable patronal, M. Kahoul, président du Conseil supérieur du patronat algérien (CSPA) cité par AAI, reconnaît, lui, que les entreprises n’ont pas de partenaires financiers actuellement. Le boss de la CSPA, déplore aussi que les banques boudent certains secteurs, car considérer comme hautement risqués. Il est facile d’importer de petits produits, a-t-il révélé en marquant le parcours de combattant que traversent les investisseurs. « Il faut deux ans pour créer un projet d’investissement et deux autres années pour qu’il soit productif », relève-t-il. Et d’ajouter que « l’investissement est bloqué par l’administration, malgré les multiples appels des investisseurs ».

Elias Ben