On annonce l’ouverture prochaine de trois maisons de jeunes dans les localités de Boukhalfa, des Ouadhias et de Ouaguenoune ainsi que plusieurs médiathèques dans d’autres communes : Drâa el Mizan, Larbaâ Nath Iraten, Irdjen, etc. On peut dire qu’il était temps, la Kabylie étant l’une des régions les moins nanties en matière d’infrastructures culturelles pour les jeunes. Les éducateurs et les parents pourront souffler, en se disant que les jeunes seront enfin pris en charge, ce qui les éloignera à coup sûr des fléaux sociaux, notamment la drogue. En fait, cet enthousiasme doit être tempéré, les maisons de la culture et les médiathèques ne résolvant pas toujours les problèmes de la jeunesse : en fait, on dispose de nombreux exemples de maisons de culture… ne proposant aucune activité culturelle digne de ce nom, la culture étant réduite à de rares expositions ou alors à des récitals, aux goûts douteux. Certains établissements ont même été utilisés comme salles de fête !Au vu de cette indigence, des plaisantins n’ont pas hésité à surnommer ces maisons, maisons de ‘’l’inculture ». Maisons de la culture et médiathèques d’accord, mais à conditions que ce soit réellement des lieux où on peut se cultiver, apprendre, s’informer, se former : il faut, dans ces maisons, des bibliothèques, des sections de musique, de peinture, des cours de langues, des ateliers d’initiation à l’informatique, aux arts traditionnels, aux activités manuelles. Il faut surtout des animateurs spécialement formés, de vrais éducateurs au courant des besoins et des problèmes de la jeunesse… C’est alors seulement qu’on dira que la Kabylie se dote d’infrastructures culturelles.
S. Aït Larba
