Le bac : un diplôme, et puis… ?

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Plus de 51% ont donc réussi leur bac cette année. Une performance jamais égalée auparavant, estime-t-on. Evidemment, la satisfaction des responsables de l’éducation nationale, des enseignants et des parents de ces élèves, notamment, ne peut qu’être grande, on l’imagine. De leurs côtés, les futurs étudiants ont multiplié fêtes familiales et réceptions pour célébrer comme il se doit l’événement. Ce n’est pas nouveau, doit-on dire. Avant eux, des milliers ont fait de même. Le bac, c’est aussi et surtout un visa pour un avenir radieux et l’assurance d’une belle vie, croit-on sans doute. Hélas, ça n’a pas été toujours le cas. Plusieurs bacheliers n’ont pas connu le bout du tunnel même quelques années plus tard.Déjà que certains d’entre eux n’arrivent pas au bout de leurs études supérieures, succombant aux conditions pénibles, il faut le dire, qui prévalent dans nos résidences universitaires, notamment. La fête finie, on découvre peu à peu la dure réalité : “A quoi bon se sacrifier. Personnellement, je connais plusieurs personnes licenciées ; après avoir passé quatre ou cinq années à l’université, ils se retrouvent en fin de compte au chômage. Autant donc ne pas perdre mon temps et aller tenter mes chances ailleurs”, pense en effet l’un de ces étudiants de la région de Fréha qui n’aura fait qu’une seule année à l’université, avant d’abandonner ses études pour s’initier dans le commerce. Un exemple parmi tant d’autres, qui ont dû faire comme lui, et qui doivent surtout penser comme ce jeune homme. En voyant tous ces universitaires livrés à eux-mêmes, vivre péniblement, les autres encore ne regrettent nullement d’avoir raté leurs bacs. C’est en effet, et malheureusement, doit-on dire, l’autre dure réalité : des licenciés et diplômés, après tant d’années d’études et de dur labeur, se retrouvent sans travail. Et ce n’est certainement pas les exemples qui manquent. Chacun de nous a un voisin, un ami, ou connaît quelqu’un de son village dans la même situatin, sinon aurait tout au moins croisé ou entendu parler d’un ingénieur, un enseignant, un économiste ou un journaliste. La liste est encore longue : qui, s’il n’est pas au chômage, fait du “sous-boulot” par rapport à ce qu’il devait être, etc. Un diplôme ne fait pas toujours vivre. Espérons tout de même que ça ne sera plus le cas pour les quelques années qui viennent et que les 51% des bacheliers de cette année auront un emploi digne à faire, dès leur sortie de l’université, dans quatre ou cinq années.

M. O. Ben Mokhtar

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