La soif d’Imezouagh

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Hormis l’électricité, toutes les commodités les plus indispensables demeurent quasiment inexistantes à Mezouagh. De multiples facteurs liés à la malvie et à la misère endémique de ses enfants conditionnent la vie de tous les jours des 700 résidants, faite de dénuement à l’aube du 3e millénaire. Pendant que le village continue de se fondre dans l’oubli, rien ne semble prédire de jour meilleurs. Les localités d’Imezouagh et Tadart Mokrane vivent depuis toujours une pénurie d’eau potable en dit son nom malgré l’installation, en l’an 2000, d’une chaîne AEP, chaîne de tous les problèmes au lieu-dit Aidel, sur le territoire de la commune de Timezrit, en l’absence d’une distribution adéquate. Lorsqu’il arrive que l’eau coule des robinets des habitations pendant une heure et une seule fois par mois, seuls quelques privilégiés en bénéficient. Le problème se pose avec acuité et tend à s’éterniser en l’absence réelle d’une volonté des services concernés d’en venir à bout, en dépit de multiples requêtes et réclamations. Le château d’eau situé dans la commune voisine suscite des interrogations et accentue le désespoir des populations des localités situées à la limite de la commune de Timezrit, lasses d’attendre le dénouement de la situation de pénurie. Les résidants qui prennent leur mal en patience s’élèvent contre le fardeau d’un problème qui pourrait trouver résolution définitive si l’on avait daigné débloquer un semblant de budget, à même de se passer de cette solution de bricolage du système inter-communal en alignant tout simplement une nouvelle installation à partir du réseau d’Abaïnou, distant de seulement quelque 500 m du village. L’édifice aménagé en fontaine du village n’a jamais fait objet d’une prise en charge sérieuse de réhabilitation (en dehors du bricolage), garante du minimum de conditions hygiéniques, d’autant plus que l’affluence sur ce site unique, source de puisement d’eau potable est très nombreuse. Pour s’approvisionner, les citoyens à pied et à dos d’âne se bousculent sous la chaleur torride pour se frayer une place à la maigre fontaine du village et remplir leurs deux jerricans de cette substance précieuse, source de vie. D’autres, lasses de faire la chaîne à longueur de journée préfèrent parcourir des km pour se rendre à El Kalaâ où l’eau de source coule à flots. Cet édifice public est, par ailleurs, bordé d’un gigantesque dépotoir d’ordures ménagères, aire de jeu préférée de ces nombreux chérubins innocents. Soucieux de leur avenir, les habitants de la bourgade lance de nouveau un SOS et demeurent à la recherche d’une oreille attentive à leur détresse.

N. Yakouben

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