La bijouterie, une pratique à encourager

Partager

l La bijouterie d’Ath Yenni restera, malgré les difficultés dues au métier, le vivier de pas mal de régions de Kabylie. Dans une période marquée par la nécessité, la bijouterie s’inscrit dans la volonté de réhabilitation de l’artisanat qui se trouve menacé par les effets d’une crise économique sans précédent et dont les conséquences risquent d’affecter n’importe quelle région, tant sur les plans économique, social qu’identitaire. Cette situation interpelle les pouvoirs publics. Plus de 50% de la population des Ath Yenni exercent dans l’activité artisanale laquelle constitue une dimension non négligeable de notre histoire et de notre identité. Aussi des hommages doivent être rendus aux artisans qui, au-delà des vicissitudes et des aléas de la vie, ont réussi à perpétuer les traditions qui font le prestige de ces régions. L’exemple de la commune d’Ath Yenni qui organise des fêtes du bijou est une parfaite illustration d’une volonté inébranlable de ses femmes et hommes qui ne veulent, non seulement pas perdre espoir, mais organiser surtout une rencontre conviviable, une jonction de l’art et de la culture et un savoir-faire. La 7e édition qui a ouvert ses portes le 27 de ce mois de juillet, sous le haut patronage de M. Abdelaziz Bouteflika, en plus des officiels et responsables à tous les niveaux qui défileront, démontre ô combien cette manifestation est prise en charge par l’Etat, et se veut également un encouragement pour la pérennité de l’activité artisanale et constituera, à coup sûr, le point de départ de toutes les activités culturelles. Conscient de la situation précaire de l’activité économique locale, due essentiellement au déclin de l’activité artisanale, le bijou s’entend, les responsables locaux, notamment M. Tabeche, n’ont jamais lâché du lest pour organiser cet événement, afin de faire participer avec les moyens de bord, tous les citoyens. L’explication de ces initiatives courageuses sont à la fois simples et profondes. Le premier objectif est le maintient, coûte que coûte, de cette activité dans les villages productifs de Kabylie en passant par la région de Mouloud Mammeri. Une autre question qui mérite d’être posée est de savoir à quoi tient la vie de la bijouterie lorsque l’on sait que la révolution industrielle et ses conséquences, la diversification des besoins, la hause des niveaux techniques et l’abaissement des coûts de production, ont fait que l’artisanat, sous toutes ses facettes, depuis la fabrication des ustensibles de toutes natures, des outils ainsi que des objets de décoration ont reculé pour finir par disparaître dans certains domaines d’activité. Mais, les faits et preuves sont là. Selon un commerçant en bijouterie, venu pour s’approvisionner à l’occasion de cette fête, le bijou fabriqué à l’usine, c’est à dire à la chaîne “ne réussira jamais à détrôner le bijou fait à la main, en particulier celui d’Ath Yenni”. En effet, il est vrai que pour les connaisseurs, la bijouterie artisanale dans toutes ses formes, ses dessins et son expression artistique est très appréciée. La bijouterie, dans son évolution et dans sa grandeur, est aussi est une question de civilisation.

S. K. S.

Partager