l Le triptyque meurtrier incendies, noyades, accidents de la circulation propre à l’été, se rappelle brusquement à notre souvenir à partir de la deuxième décade de juillet, s’imposant brutalement à notre vécu. Avant cette date, peu ou pas d’incendies du tout. Ce qui a fait croire à certains que la tendance cette année est plutôt à l’accalmie, à la trêve avec la nature. Jusqu’au jour ou sans prévenir, ni crier gare, la température a fait une brusque embardée pour gagner une quinzaine de degrés, ne laissant pas même le temps au corps de s’acclimater progressivement. Sous l’effet conjugué de la remontée d’air chaud à partir du sud du pays et des incendies signalées, aux quatre coins de la wilaya, l’air lui-même est devenu irrespirable pour cause d’excès d’humidité. Ainsi, la seule journée du 31 juillet, mois qui a tenu à partir par la grande sortie en un énorme feu d’artifice, a connu pas moins de cinq incendies importants à Tifra, Timezrit, Adekar, Saket et Melbou. A la mi-journée du 1er août, deux d’entre eux demeurent encore actifs, celui de Saket à Sfayeh.C’est un total de 349 ha de forêts que le feu a dévoré durant le seul mois de juillet et ce n’est qu’un début car août est réputé encore plus destructeur !La canicule est là, lourde, oppressante et même la proximité immédiate de la mer n’y change rien car il en est jusqu’à la brise marine à souffler le chaud plutôt que le froid ! Par moment, c’est un souffle brûlant, celui échappé des forges de Vulcain qui vient assécher la sueur et desséché les peaux tannées par un Râ, au sommet de sa puissance. Bébés et représentants du 3e âge sont les premiers à pâtir de ces conditions climatiques extrêmes.Les autorités sanitaires ont fait parvenir à leur intention plusieurs messages, plutôt rassurants où il leur est tout simplement recommandé de s’hydrater à profusion. Un phénomène qui fait tâche d’huile à Béjaïa, la mise à la disposition des passants de glacières emplies d’eau glacée par des commerçants soucieux du bien-être de leurs prochains. Le réchauffement de la planète, la fonte des glaces, les catas à répétition ne sont pas des vues de l’esprit. La main destructrice de l’homme, n’est pas loin.
Mustapha Ramdani
