La Kabylie recèle de grandes ressources aquatiques –nappe phréatique, sources, rivières- mais cette richesse ne semble pas profiter à tous ses habitants. Il suffit de se rendre dans certains villages haut perchés pour voir des images d’un autre temps: des femmes portant sur le dos des jerricans de vingt litres, des enfants poussant sur des chariots de fortune des récipients de toutes sortes, tous peinant, suant, tempêtant contre le mauvais sort qui les accables. Et ceux qui peuvent trouver l’eau à la fontaine du village se sentent favorisés par rapport à ceux qui vont la chercher à plusieurs kilomètres de chez eux! Tous les ans, les Autorités locales annoncent faire de la lutte contre la pénurie d’eau leur priorité et une part importante des budgets y est consacrée, mais le résultat est toujours le même: pénurie, pénurie, pénurie! Les problèmes accumulés depuis des années sont-ils aussi colossaux qu’on veut le faire croire? Ou alors, les moyens investis sont-ils insuffisants?On parle aussi d’installations et de raccordements défectueux, telles ces conduites qui éclatent peu à près leur mise en service…Les comités de village se démènent une fois de plus dans l’espoir de régler le problème mais que peuvent-ils obtenir sinon des promesses? En attendant que ces promesses se réalisent un jour, les robinets, dans de nombreux villages de Kabylie continueront à rester à sec. Et les femmes et les enfants, victimes de toutes les négligences, continueront à trimer!
S. Aït Larba
