Site icon La Dépêche de Kabylie

3 000 à 4 000 cas enregistrés chaque année

Les intoxications alimentaires constituent un sérieux problème de santé publique avec des impacts considérables sur le plan économique, surtout durant la saison estivale où de grands taux de mortalité sont enregistrés. Bien que des efforts importants soient déployés et que de nouvelles dispositions et mécanismes soient mis en place, 3 000 à 4 000 cas de toxico-infections alimentaires sont signalés chaque année. 20 à 30% de ces cas sont enregistrés sur les centres universitaires dans lesquels les conditions d’hygiène laissent à désirer. Ces chiffres sont loin de refléter la réalité. Ils doivent être multipliés par deux ou trois, du fait qu’il n’y a que les cas d’hospitalisation et de consultations médicales qui sont recensés. Outre le volet sanitaire, ce phénomène coûte énormément aux pouvoirs publics. Si on prend l’exemple d’un seul cas d’intoxication, une journée de traitement revient à près de 1 000 DA.

1 114 cas d’intoxico-infections durant le 1er semestre 2006Si durant le 1er semestre de l’année dernière, 1 541 cas ont été signalés sur le territoire national avec une tragique première place pour la wilaya de Béjaïa, qui a enregistré quelque 689 cas, la même période durant l’année en cours a eu son lot de cas d’intoxications alimentaires. Même si une légère baisse a été notée le chiffre de 1 114 cas déclarés par les services de la direction de la prévention au ministère de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière reste toutefois important. Soixante intoxications sur les 1 114 cas avancés ont nécessité des admissions à l’hôpital. Les intoxications alimentaires sont de plus en plus fréquentes et coûteuses. Les raisons de la prolifération de cette pathologie qui se développe à une vitesse vertigineuse durant ces périodes de grandes chaleurs sont dues essentiellement à la multiplication de la restauration collective, la libre circulation des denrées alimentaires et aussi le développement de l’industrie agro-alimentaire. En l’absence totale des impératifs d’hygiène, cette industrie ne répond à aucune norme de sécurité alimentaire. Plusieurs produits sont considérés à risques et leur consommation mais surtout leur processus de production, de conservation et de congélation doit être surveillé de très près pour éviter le déclenchement d’épidémies comme celles enregistrées ces dernières années à Bejaia, Biskra et dans plusieurs régions du pays.

40% des cas d’intoxications signalés dans les fêtes familialesIl faut souligner que près de 40% des cas d’intoxications sont dus à des plats préparés, 34% à l’ingestion de viandes et dérivés impropres à la consommation, 18% aux produits laitiers alors que les autres produits sont à l’origine de 8% des cas signalés. Les fêtes familiales et les mariages organisés en grande partie durant la saison estivale, constituent des véritables viviers pour les bactéries à l’origine des intoxications et une réelle source de désagréments, et cela en raison de la préparation de grandes quantités d’aliments à base de gras et la méconnaissance des règles de leur conservation. En ce sens, les enquêtes réalisées par le ministère de tutelle avaient montré que 40% des cas des intoxications alimentaires ont été enregistrés au cours de fêtes familiales. Les commerçants, les producteurs et industriels de produits alimentaires ainsi que les différents services de la prévention, mais également les citoyens ont leur mot à dire dans la protection de la santé du consommateur, et de ce fait, ils sont interpellés pour prendre conscience de la nécessaire maîtrise de la qualité afin d’assurer la sécurité du produit destiné à la consommation. Considérés comme un enjeu majeur en terme de santé publique, cette question nécessite l’implication de tous les concurrents et l’élaboration d’une stratégie sectorielle adéquate.

Le recours aux associations de protection du consommateur est une nécessitéAfin de lutter contre ce phénomène d’intoxication et de renforcer la défense des droits du consommateur, faire appel aux associations de protection des consommateurs qui bénéficient annuellement de subventions leur permettant de mener de franches actions de sensibilisation en direction du consommateur devient inéluctable. Par ailleurs, un programme visant la modernisation du secteur du contrôle de la qualité qui prévoit la réalisation d’un laboratoire d’expérimentation et de contrôle à la nouvelle ville de Sidi Abdallah et la création d’une agence nationale pour la protection du consommateur ainsi qu’une école de formation et de recyclage des agents de contrôle affectés aux différentes wilayas du pays sont au programme des priorités du ministère du Commerce pour l’exercice 2006-2007. Il y a lieu aussi de relever que pas moins de 15 000 agents du contrôle de la qualité, dotés de valise de contrôle, seront recrutés sur une durée de trois ans.D’un autre côté, il est prévu la création d’un laboratoire national d’analyses des produits industriels et alimentaires, l’instauration d’une agence nationale de prévention des dangers et la protection du consommateur ainsi que l’ouverture d’une école de formation d’agents et d’experts en lutte et répression de fraude.

H.Hayet

Quitter la version mobile