Voila près d’une année et demie que la délégation des aârchs est en négociations avec les instances de la chefferie du gouvernement afin de régler définitivement les quatorze revendications contenues dans la plate-forme d’El Kseur. Lors de ces pourparlers, plusieurs engagements avaient été rendus public, sur les différents points abordés dans la plate-forme de revendications. On se souvient que Yennayer, correspondant au 12 janvier, devait être décrété jour férié, que des formations pour les enseignants de tamazight devaient être lancées, qu’une académie berbère aurait dû voir le jour, ainsi que de nombreuses promesses dont les citoyens attendent toujours la concrétisation sur le terrain. Un terrain qui attend toujours un plan de développement durable solide et qui ne consisterait pas uniquement au bitumage de quelques artères des villes et villages de Kabylie. D. Abdedou délégué du Mouvement citoyen s’interroge, comme d’ailleurs l’ensemble de la population, sur la suite de ce feuilleton qui a débuté en 2001. « A ce jour, aucun engagement de l’Etat n’a été respecté sur les différents points sur lesquels nous nous sommes entretenus, ni concernant la promotion de tamazight, et encore moins sur le développement tout du moins en ce qui concerne la wilaya de Bouira qui accuse un énorme retard en la matière ». Abdedou citera à titre d’exemple : le jugement des gendarmes impliqués dans l’assassinat des 126 martyrs, le départ des brigades de gendarmerie et certains blessés qui sont mal pris en charge par l’Etat. Sur le chapitre promotion de la langue amazighe, Abdedou déplore le fait qu’à Bouira du matériel pour le lancement d’une radio locale ainsi que des équipements cinématographiques soient laissés à l’abandon dans les remises de l’APC. ‘’S’il existait réellement une volonté politique de promouvoir les langue et culture amazighes, des instructions émanant de très haut auraient dû parvenir aux oreilles des responsables de la wilaya de Bouira ». Depuis la nomination de Belkhadem à la place d’Ouyahia, les pourparlers entamés fin 2004 auraient dû aboutir à un document de mise en œuvre pour appliquer les engagements de l’Etat concernant les différentes revendications citoyennes : » Nous devions rédiger un document final pour sceller les accords définitifs, mais la mouture de ce document n’a toujours pas été réalisé… » En ce sens, le délégué dira que le Mouvement citoyen ne peut plus attendre et que les populations exigent du concret, à savoir l’amélioration du cadre de vie. A ce sujet, le délégué de l’interwilayas déclare que le Mouvement citoyen fera pression pour que le document final soit élaboré dans les plus brefs délais et que tous les points énumérés figurent à l’intérieur du traité. Un traité attendu avec impatience car selon notre interlocuteur, si d’ici la rentrée sociale, aucune mesure n’est appliquée pour prendre en charge la plate-forme d’El Kseur, Abdedou et les délégués de la CCCWB prendront les mesures nécessaires pour faire face à la nouvelle situation qui s’imposera. Par ailleurs, le délégué nous apprend que la CCCWB compte organiser dans les tout prochains jours des rencontres populaires avec la société civile dans les villes et villages de la wilaya pour renforcer les rangs et sonder l’opinion publique sur la suite à donner en pareilles circonstances.
Hafidh Bessaoudi
