Le propriétaire non convaincu se rebiffe

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Révolte et désolation chez le propriétaire du poulailler d’Aït Ihia, dans la commune d’Amizour, lequel se rebiffe contre la décision des services vétérinaires de la wilaya de Béjaïa de passer à l’abattage de son cheptel avicole atteint selon un bulletin d’analyse vétérinaire du 10 mai dernier, de la salmonellose entéritidis. Suite à un arrêté du wali, les services communaux d’Amizour sont passés à l’action le 3 août dernier et quelques 3 200 poules supposées atteintes de cette zoonose ont été décimées par enfouissement. Le propriétaire de cette exploitation avicole se dit non-convaincu de la présence de cette maladie au sein de son cheptel qui “subit systématiquement les vaccins nécessaires et des contrôles vétérinaires”. Documents à l’appui, il crie haut et fort que les décideurs de l’abattage ont fait dans “l’acharnement refusant catégoriquement de passer à une contre-expertise pour confirmer ou infirmer la présence de la salmonellose”.L’éleveur en question avoue que ses volailles (poules pondeuses) n’ont jamais présenté des signes de cette maladie. “Il n’y a ni mort fréquente ni baisse de la production d’œufs depuis même le résultat ayant donné positif la présence de la salmonellose”.Ainsi, pour contrecarrer le premier bulletin du 10 mai, il a lui-même procédé au prélèvement d’un échantillon qu’il a envoyé au même laboratoire d’analyse, celui de Draâ Ben Khedda, de Tizi Ouzou. Comme un coup de théâtre, cette contre-expertise datée du 6 juin désavouait le résultat du bulletin précédent. “Absence de salmonellose entéritidis” écrit-on dans ce résultat qui a semé le doute chez les vétérinaires d’Amizour et l’inspecteur vétérinaire de Béjaïa sur la fiabilité du prélèvement effectué par le propriétaire lui-même. Il faut signaler que les services vétérinaires de la wilaya n’ont pas fait attendre le résultat de cette contre-expertise pour faire sortir l’ordre d’abattage sanitaire de ce cheptel avicole en date du 17 mai, soit une semaine après la découverte de la maladie. Le propriétaire aussi, de son côté, a envoyé une demande de contre-expertise aux services du ministère de l’Agriculture, en date du 13 mai écoulé. Ces derniers ayant répondu négativement au recours de l’agriculteur, ont ordonné que “des mesures édictées par l’arrêté n°006 relatif aux salmonellos aviaires doivent être appliquées dans les meilleurs délais”. Le 28 de ce mois de mai, les Autorités communales d’Amizour ont pris une décision définitive : mettre en séquestration le cheptel atteint. Ainsi, la non-disponibilité des abattoirs agréés pour procéder à l’abattage sanitaire a fait en sorte que l’enfouissement tardif de 3 700 poules était le seul recours des services communaux. “Je doute qu’il y ait erreur avec les deux analyses contradictoires et l’absence de signes cliniques de la maladie parmi mon cheptel me permet de vous demander de charger une commission vétérinaire pour une troisième analyse”, écrit le propriétaire révolté au wali de Béjaïa. Aucun écho à toutes les doléances de l’éleveur, si ce n’est des réponses négatives. “Sur un cheptel de 3 600 sujets, à l’âge poussin, j’ai perdu quelque 400 oiseaux”, une situation jugée tout à fait normale pour le propriétaire qui avoue avoir vu des cas plus graves et dans la même wilaya.En dernier recours, l’éleveur désappointé a proposé à la commission qui s’est déplacée pour l’abattage de son cheptel de procéder à un prélèvement d’un échantillon qui pourrait être nécessaire si le résultat est une seconde fois négative afin d’être dédommagé, mais en vain.Chose qui l’a poussé à s’opposer à l’abattage qui n’a eu lieu qu’à son insu, le lendemain.Ne voulant pas baisser les bras, l’éleveur actuellement au chômage, a déposé plainte auprès du tribunal d’Amizour comme il a déclaré qu’il a instruit la police judiciaire pour ses griefs à l’encontre d’un vétérinaire qu’il ne veut pas aujourd’hui révéler. En attente d’autres rebondissements sur cette affaire, on s’interroge : “Y a-t-il anguille sous roche ?

Nadir Touati

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