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Voyage au cœur des Rouge et Noir

Reportage de Ali Chebli

La JS Azazga qui a raté d’un cheveu la saison dernière, l’accession en Régionale I, ne veut pas rater cette aubaine à l’occasion du nouvel exercice 2006-2007. Les Rouge et Noir qui avaient suscité l’admiration de tous les pensionnaires de la régionale II ont mis les bouchées doubles en prévision de la nouvelle saison.Pourtant, il y a quelques jours de cela, le doute planait encore quant à l’avenir de ce doyen des clubs algériens. La déclaration faite à notre journal par le premier responsable du CSA, Belaid Seker où il avait annoncé son intention de jeter l’éponge a suscité une vive inquiétude chez les joueurs, les dirigeants et les supporters. Ces derniers qui ont apprécié le travail titanesque réalisé par leur président ne voulaient même pas entendre parler de démission. « Le départ de M.Seker sera synonyme de la disparition de ce patrimoine qui est la JS Azazga » ne cessaient –ils de dire. Mais comme ces derniers connaissent l’attachement de Seker à son club de toujours, ils ont vite compris le message : La JSA est un club populaire qui a besoin de tous ses enfants. La JSA est le doyen des clubs l Le ballon-sonde a bien fonctionné puisque tout est rentré dans l’ordre en l’espace d’une assemblée générale tenue au début du mois en cours. Les bilans ont été adoptés à l’unanimité et les membres de l’AG ont réussi à convaincre Seker de poursuivre sa mission à la tête du CSA. Son accord n’a pas été sans conditions. « J’accepte de continuer mais tout le monde doit s’impliquer ». Les choses n’ont pas traîné puisque le club qui compte cinq sections (football, boxe, volleyball, karaté et athlétisme) a vu sa direction renforcée par l’arrivée en masse de dirigeants bénévoles dont le souci principal est de faire de la JSA un club à la dimension de toute une région. Les enfants de la JSA ont répondu à l’appel du cœur « Ce club fait partie de notre vie. La JSA est un legs familial qui se transmet de père en fils » nous confie Rabah Kheloufi, nouveau président de la section football. « Je n’ai jamais coupé les ponts avec la JSA, la preuve je suis de retour pour aider du mieux que je peux pour rendre à la section football son lustre d’antan » ajoute notre interlocuteur qui nous a fait cette révélation historique « Beaucoup de faits historiques sont ignorés et les gens doivent aujourd’hui savoir que la JSA est le doyen des clubs algériens. Il est né en 1926 soit une année avant celui du MCA, présenté à tort comme premier club du pays ». Mais la JSA s’est engagé dans la compétition officiellement en 1946 soit une année avant la JSK. Après la pluie, le beau temps l La première mission que s’est donné le président Seker a été de restructurer le club en optant pour un travail collégial aux côtés des Mohand Deffoun, Smail Boukersi, Redouane Rabia, Rachid Rabia, Mahiedine Cherifi, Arezki Bouadi, Rabah Kheloufi, Hacene Chalal, Mouloud Sahi, Meriou Djahid, Meriou Rabah. « Les portes du club sont ouvertes et ceux qui veulent travailler sont les bienvenus », un mot d’ordre qui revient tel un leitmotiv. Aujourd’hui ils sont plus d’une dizaine de dirigeants à travailler pour le bien-être de quelque 800 athlètes. « La saison passée nous a permis de tirer plusieurs enseignements. Désormais nous ne referons plus jamais les mêmes erreurs », quand on demande à M.Seker quelles sont ces erreurs, il nous répond sans détours « l’année passée la section football a dépensé 1,3 milliard de centimes dont 670 millions pour les différentes primes des joueurs. C’est trop d’argent pour une équipe qui joue en régionale II ». Cette somme colossale engloutie par l’équipe de football a laissé le club sans ressources pour l’entame de cette nouvelle saison. Les voyants sont au rouge. La JSA n’est pas un club riche mais il vit selon sa politique. C’est d’ailleurs le but de l’équipe dirigeante pour cette saison. Il y aura des recrutements ciblés en fonction des besoins de l’équipe, tout en gardant l’ossature de la saison écoulée. Remettre la JSA à sa véritable place l Cela, on l’a vérifié de visu lors de notre virée mercredi dernier au stade de la ville. C’est la date fixée pour la reprise. Les dirigeants s’affairaient à accueillir les nouveaux joueurs venus des quatre coins de la Kabylie. Ils etaient une dizaine en provenance de Bouira, Bordj Bou Arreridj ; Akbou, M’chedallah, Sidi Aïch, Bejaïa. Parmi eux il y a des joueurs qui ont évolué dans les clubs de division I et II. On peut citer, Kessassi (JSMB), Moukat ( MBB), Mourad Amaouche ( ORBA), Benmoua ( Ras El Oued),Bounsis (JCM)…Ces derniers sont venus juste tâter le terrain parce que le staff technique drivé par Hocine Benamara devrait décider de l’effectif à retenir après le match d’application prévu pour vendredi. Ces nouvelles têtes devront s’ajouter aux joueurs qui ont déjà opté pour la JSA. Parmi eux il y a Tarik Zaffour, le frère cadet de l’actuel libero de la JSK qui a évolué les quatre dernières saisons sous les couleurs du club voisin, l’OCA. « Le club a ratissé large et nous avons donné carte blanche à l’entraîneur pour choisir les joueurs en fonction des besoins de l’équipe même si notre souhait est de garder l’ossature de la saison passée parce qu’il ne faut pas oublier que l’équipe avait terminé le championnat en tête du classement », nous confie le président qui ne cache pas pour autant son souci majeur, à savoir le manque de moyens. « La JSA est un club populaire mais malheureusement cette popularité ne se traduit pas sur le terrain. Alors je lance un appel aux supporters et surtout aux bienfaiteurs de la région de venir en aide à ce club qui a besoin de tous ses enfants. » Il y a aussi le problème du stade qui ne répond à aucune norme de sécurité. Son homologation la saison passée est intervenue à la dernière minute grace aux efforts des supporters qui ont réussi à placer le barreaudage alors que ce travail devait être effectué par les services de l’APC nous dit Seker. « L’APC d’Azazga doit s’impliquer davantage pour le service du sport et son rôle ne doit pas se résumer à dégager des subventions. Il est anormal de voir la JSA et l’OCA deux clubs de la régionale II s’entraîner et recevoir leurs adversaires sur un terrain pareil. Il y a aussi le problème des autres sections qui n’ont pas de salle.L’équipe de volleyball féminine qui a accédé cette saison en Nationale I sera obligée d’accueillir ses adversaires hors de la ville. C’est vraiment désolant pour une ville comme Azazga », renchérit notre interlocuteur.

A.C

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