Les fraudeurs traqués

S’il y avait un secteur qui s’est clochardisé, et où une anarchie sans nom avait régné, durant la dernière décennie, c’est bien celui du transport. En effet, et en absence de tout contrôle, le nombre de véhicules qui assuraient la desserte M’chedallah-Bouira et vers les six autres communes de la daïra a doublé, voire triplé. On dénombre plus de trois cents véhicules, dont un peu plus de la moitié sont des fraudeurs (sans papiers, ni autorisation). Souvent conduits par des chauffards qui ne respectent aucune loi, ni réglementation, ces fourgons (G5, G9) ne répondent guère aux normes de sécurité requises pour ce type de travail, plus grave encore, même aux normes d’hygiène. Les uns (véhicules) ont des vitres fixées, ce qui privent les usagers de toute aération, ni issues de secours et les soumettent à longueur de journée à une odeur nauséabonde, surtout en cette période estivale. Sans parler encore de l’absence de tickets, et de la surcharge, au quotidien. Ces « voleurs de la route » étaient de véritables concurrents pour les transporteurs réguliers, et les disputes entre eux étaient très fréquentes. Cette situation très confuse qui a assez duré, semble avoir pris fin avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de la route. En effet, les chauffards sont sévèrement réprimés et ont été contraints de respecter décemment la réglementation, qui vise essentiellement à épargner des vies humaines. Quant à ces fraudeurs, ils sont carrément traqués par les agents de la Sûreté de daïra, ces derniers jours. Tous les transporteurs sont en effet passés au peigne fin, et plus d’embouteillage à la modeste gare routière de la ville. Encore une fois, le citoyen se félicite de cette purification routière. « Je préfère plutôt attendre un peu à l’arrêt et voyager en toute sécurité, avec un ticket en main. On a assez pris de risque avec tous ces fraudeurs, qui seul le gain facile les intéressent au détriment de notre sécurité. Et j’espère qu’ils seront traqués à jamais, où à défaut, ils seront régularisés ». Nous dira voyageur. Il y a lieu aussi de signaler l’état vétuste de l’actuelle gare routière, qui n’est pas digne d’un chef-lieu de daïra. En plus de l’état dégradé de son asphalte, l’air qui est dégagé est trop exigu pour contenir l’important nombre de véhicules qui y transitent. En plus, la station est mitoyenne de l’hôpital. Etat de fait qui perturbe les malades et le personnel médical. Plus grave encore, elle est traversée, un peu n’importe comment, par des lignes de moyennes tensions exposant ainsi les transitaires au danger. Pour pallier la situation, et les insuffisances du transport les autorités concernées devront rendre effectif le projet de construction d’une nouvelle gare routière digne d’une daïra de plus de 120 000 habitants, et qui est traversée par trois routes nationales : La RN 5, RN 26 et RN 30.

Farid A.