Comme nous l’avions rapporté dans une de nos précédentes éditions au début du mois d’avril au moment où les fellahs s’étaient lancés dans leur campagne de semence de la pastèque et du melon, la récolte de cette année est des plus excellentes tant en quantité qu’en qualité. En effet, au cours de ces dernières semaines, la partie de la vallée allant de la sortie ouest de Aïn Zaouia à Chabet El Ameur en traversant Draâ El Mizan et Tizi Ghennif, est transformée en immense banderole aux couleurs de la JSK dont le jaune revient en totalité aux Bénikhalfouns dont la qualité de leur melon est appréciée au-delà des wilayas de Tizi Ouzou et Boumerdès. « Nous devons cette plantation importante de la pastèque particulièrement à la présence des trois grands ouvrages hydrauliques existants au niveau des trois localités de Aïn Zaouia, Draâ El Mizan et Tizi Ghennif car sans cette disponibilité de l’eau, ce fruit ne serait jamais disponible en telle quantité chez nous », nous confient certains fellahs. La pastèque est actuellement bradée, des dizaines de camions venus de diverses wilayas ne cessent de sillonner tous les champs à l’affût d’une bonne affaire, alors que d’immenses tas de ces gigantesques ballons verts bariolés couvrent ça et là les champs en attendant les acquéreurs. Au marché de Tizi Ghennif, les citoyens n’ont plus cette peur de s’approcher des commerçants pour acheter une ou deux pastèques car ce fruit est à la portée de toutes les bourses. Ainsi, les émigrés cherchent plutôt le gros calibre avec des poids dépassant les huit, voire même les dix kilos alors que ceux ayant des bourses plus modestes se rabattent sur les tas proposés à moins de dix dinars le kilogramme soit trois pastèques pour cent dinars, ce qui permet à tout un chacun de savourer ce fruit rafraîchissant et désaltérant. « Je n’achète la pastèque que lorsque celle de notre région est sur le marché », nous confie aâmi Ahmed, septuagénaire, retraité de « là-bas », qui ajoute que ce fruit rapporté du sud au mois de mai et celui de Chlef en juin n’ont aucune saveur et le goût de leur chair est fade alors que la pastèque locale est de loin la meilleure d’Algérie. Pour les usagers de la RN 68, il n’est nul besoin de s’arrêter au milieu des agglomérations pour acheter quelques pastèques tant ce fruit est disponible tout au long de cette importante voie de communication, de jour comme de nuit. « Plusieurs automobilistes font spécialement le crochet par là pour acheter notre pastèque, il y a plusieurs habitués de Sétif, Bordj, M’sila, et beaucoup d’autres wilayas », nous confie cet étudiant qui s’est reconverti en vendeur de pastèques après avoir vendu du raisin précoce, appelé « Cardinal ». Par ailleurs, plusieurs citoyens souhaiteraient rompre la monotonie que connaît la région en souhaitant que cette dernière vive cette saison en une véritable fête. « Toutes les localités, et même de petits villages, organisent leur fête annuelle et célébrent ce qu’ils ont de particulier alors que nous, avec cette récolte de pastèques et bien d’autres, nous pouvons quand-même lancer la fête de la pastèque et pourquoi pas ? », soutiennent mordicus ces citoyens, qui veulent sortir leur localité de l’anonymat.
Essaïd Mouas
