La construction d’une nouvelle gare routière à Tizi Ouzou, prévue au milieu des années 90, tarde à voir le jour et risque de tomber à l’eau. Ce projet âgé de onze ans semble être logé dans les tiroirs de la Direction des transports de la wilaya, en dépit des encombrements générés par l’exiguïté et la saturation de l’ancienne gare. Son gérant, Mohamed Roumili, pense que le problème pour la réalisation d’une gare internodale résiderait dans le choix de l’assiette. « Je pense que c’est un problème d’assiette », a-t-il indiqué hier à la Dépêche de Kabylie. Plusieurs sites ont été proposés pour accueillir cette infrastructure devant être bâtie sur une très vaste surface, à l’image de Oued Aissi, Kef Naadja ou Boukhalfa. Mais le choix du terrain ne semble pas être la seule entrave. Certaines sources avancent même que le projet est mis tout bonnement aux oubliettes, alors que d’autres affirment que la réalisation est maintenue, et les pouvoirs publics veulent rallonger l’enveloppe pour réaliser quatre-vingt quais au lieu des soixante prévus sur le plan. Les autorités ont prévu qu’une fois la gare internodale réalisée, l’actuelle infrastructure sera abandonnée au profit des escales inter-urbaines. Au départ, lors de son lancement en 1976, l’EGRTO occupait un espace de 20 000 m2, et l’extension pouvait se faire parallèlement avec l’augmentation des mouvements journaliers de transport. Actuellement, il n’en reste que 8 030 m2, et aucune extension n’est envisageable, notamment après que les autorités locales aient privé la gare d’un espace de l’ordre de 11 900 m2, au profit de l’EPLF et des agences immobilières. La surface bâtie est de 1 470 m2, et celle des quais est de 1 060 m2, indique encore l’orateur, tandis que celle pour la circulation des bus est de 5 500 m2. Comparativement aux mouvements journaliers dont la moyenne frôle les 30 000 voyageurs par jour, la gare de Tizi Ouzou se présente comme une boîte d’allumettes, d’où l’urgence de relancer le projet précité. Une proposition renforcée par le nombre des opérateurs qui a atteint 250 ainsi que par les 1 020 départs vers différentes destinations enregistrés quotidiennement. C’est la destination vers la capitale qui occupe la tête du classement pour lignes extérieures avec 243 départs quotidiennement, soit six bus chaque quart d’heure, affirme notre interlocuteur, alors que pour l’intra-wilaya on enregistre une moyenne de 486 départs chaque jour. Les inconvénients qui accentuent le calvaire du personnel et des opérateurs, soutient M. Roumili, est l’inexistence d’une sortie, d’un parking de stationnement et d’une zone de débarquement. « A l’état actuel, on ne peut filtrer les voyageurs, puisque la zone d’embarquement et d’attente c’est la même », dira-t-il. Il va sans dire que les responsables ont privilégié pour affronter cette délicate situation la gestion des horaires à celle de la surface, qui pose vraiment un serieux problème. Le revêtement de la piste poserait également problème, à moins que, affirme Roumili, l’entreprise en charge du bitumage accepte de travailler pendant le mois de carême après le ftour. Et de conclure que les trente agents de sécurité exerçant à l’EGRTO font de leur mieux pour affronter une situation très difficile.
M. Ait Frawsen
