On se rappelle, il y a deux ou trois ans, les cas de peste bubonique enregistrés dans l’Oranie. Les malades ont été vite pris en charge et l’épidémie, grâce à Dieu, ne s’est pas répandue ! La peste bubonique, une maladie meurtrière mais surtout une maladie d’un autre temps qu’on a cru disparue à jamais. Aujourd’hui, c’est le paludisme ou selon une autre dénomination, le malaria, qui menace de faire un retour retentissant, après qu’on a prononcé son éradication en 1978. L’Institut national de la santé publique annonce avoir enregistré pour l’année 2007 près de 300 cas de paludisme. Comme il s’agit des seuls cas portés à la connaissance des autorités sanitaires, il est possible que ce nombre soit plus élevé. Il est vrai que 300 cas, c’est presque négligeable devant les 70 000 que l’on enregistrait dans les années 50, sous la domination coloniale. Mais le risque d’une nouvelle épidémie est réelle, le paludisme, comme tout les maladies infectieuses se répand rapidement. C’est surtout le sud du pays qui est exposé à la maladie, en raison des températures élevées qui y règnent et de la remontée des eaux ce qui favorise la prolifération des moustiques anophèles, véhicules du microbe. Mais des cas ont été enregistrés également dans les régions du nord, à Annaba, Mila et Jijel. Les flux migratoires, dans les régions du sud, semblent être à l’origine de la recrudescence des cas mais il y a aussi, sans doute, un relâchement des autorités sanitaires, la dégradation du cadre de vie des populations des zones touchées… La leçon qu’il faut retenir est qu’une maladie éradiquée ne l’est jamais définitivement : un retour des conditions la favorisant et elle revient en force !
S. Aït Larba
