Contrairement aux saisons précédentes, la wilaya de Boumerdès n’a pas connu cet été un afflux important de vacanciers. Début juin, le premier responsable départemental de l’exécutif prévoyait un rush de 12 millions de visiteurs, soit trois millions en plus par rapport à l’été 2005. Mais à moins d’une semaine de la fermeture de la parenthèse estivale, on n’en compte que six millions, dont les deux tiers (2/3) auront été comptabilisés durant ce mois d’août qui tire à sa fin. C’est aussi l’heure des bilans pour les services de la Protection civile qui enregistrent au total, en moins de trois mois, cinq décès par noyade dont trois au niveau de plages non autorisées. Les mêmes services tiennent à rappeler que durant la saison estivale de l’année précédente, 12 morts par noyade ont été comptabilisés. Globalement, les estivants ont appliqué les consignes des surveillants de baignade, a-t-on relevé. Mais il y a surtout le plan de sécurité mis en œuvre par le commandement local de la Gendarmerie nationale qui a mobilisé d’importants moyens humains et matériels pour couvrir cette bande côtière s’étendant de Boudouaou El Bahri à Afir, sur une longueur de 85 km. Pratiquement toutes les conditions étaient (donc) réunies, a-t-on constaté, pour assurer un agréable séjour aux amoureux du farniente. A quoi est donc due cette diminution du nombre de visiteurs dans les sites balnéaires de Boumerdès? A la peur des attentats terroristes, après l’attaque à l’explosif, début août, qui a coûté la vie à un gendarme et blessé grièvement un autre à la plage avoisinante de Réghaïa ? L’hypothèse est vite évacuée quand on apprend que le même site ciblé continuait, après le drame, à recevoir des milliers de personnes comme d’autres plages de l’est d’Alger. Ce sont néanmoins des vacanciers à la petite semaine. Les familles qui peuvent se payer de vraies vacances, celles susceptibles de renouveler l’énergie de la personne humaine, requinquer son moral, sont allées ailleurs cette année, en grand nombre. Ailleurs, c’est la Tunisie et d’autres pays étrangers. Elles se sont préparées pour la parenthèse bleue azur contrairement aux autres…
Salim Haddou