l Le mois d’août s’en étant allé emmenant avec lui les grosses chaleurs suffocantes de l’été, septembre nous revient apportant sa besace, une petite fraîcheur automnale, et une douce odeur de la rentrée qui nous chatouille les narines. Cette odeur si particulière des préaux d’école, de la craie, du cuir, des cartables neufs… que tous les écoliers du monde aiment retrouver. Mais la nostalgie s’arrête là. Implacablement rattrapé par les calculs, les dépenses et les soucis qu’engendre aujourd’hui la scolarisation d’un enfant le citoyen, dont le “pouvoir d’achat” n’a pas plus de pouvoir qu’un chat ne sait plus à quel saint se vouer. Samedi 9 septembre, c’est la rentrée et même si les étals des buralistes et autres papeteries sont d’ores et déjà achalandés comme des bazars turcs, ce n’est pas encore la ruée. Les parents ont visiblement décidé d’attendre de connaître le contenu des listes des fournitures qu’on remet habituellement aux écoliers le premier jour de la rentrée pour effectuer les achats, même si les élèves des CEM les ont déjà eues, il y a un mois de cela. Il est vrai aussi que cette année, il n’y a pas eu beaucoup de ventes promotionnelles, contrairement à l’année précédente. La rentrée est venue un peu plus tôt que d’habitude. Les prix, eux, grimpent inexorablement. En 2004, un banal stylo à bille se vendait à 3 DA. En 2006, il s’affiche à 10 DA. Ne parlons pas des articles fantaisie du style sac-à-dos, ou des trousses “Barbie”… Tout cela est hors de prix et même les enfants se résignent aujourd’hui à reprendre le chemin de l’école avec le strict minimum, le cartable de l’an passé que l’on a rapiécé, ou encore le tablier qui ne va plus à la grande sœur ou au grand frère. Les seules soldes de la rentrée se trouvent dans le marché noir. Les trabendistes en parfaits larrons de toutes les occasions, envahissent les ruelles des marchés et les ruelles tout court pour proposer toutes sortes de fournitures scolaires. Du tablier à la craie, les prix sont plus ou moins abordables, et même lorsqu’ils ne le sont pas, avec eux, on peut au moins marchander. Un autre “tuyau” intéressant est celui des papetiers-grossistes. En fin de journée, lorsqu’ils ont liquidé leurs clients habituels, ils consentent à vendre au détail, à des prix de gros.A condition bien sûr de ne pas aller chez eux pour acheter un seul stylo ou un seul cahier. L’occasion vaut le détour.
S. K. S.
