Entièrement déshéritée, la commune de M’kira aurait mieux fait de développer l’agriculture dans les plaines de Tamdit, d’Ivouhamène pour ne citer que ces deux localités. Malheureusement, même les petits agriculteurs qui n’ont pas voulu abandonner leurs terres sont confrontés à de multiples problèmes dont le plus urgent est celui de la non disponibilité de moissonneuses-batteuses. Si dans notre édition de mercredi dernier, nous avons signalé qu’à Draâ El Mizan, la saison des labours-semailles était bel et bien lancée avant même sa date officielle fixée au premier octobre, dans la vallée de la basse M’kira, les petits céréalicuteurs n’ont pas encore récolté le blé et l’orge de la saison passée. En effet, un tour à Tamadikt, à Ait Ouakli, à Ivouhamène et Thala n’Cheikh, nous a donné une image des plus désastreuses. On a été étonné de voir que plusieurs hectares emblavés ne sont pas encore moissonnés. Devant cette situation inhabituelle alors que nous sommes aux portes de l’automne, nous avons approché quelques uns de ces fellahs. « Ce retard est causé essentiellement par le manque de moissonneuses-batteuses. Depuis le début du mois de juillet, on a attendu la seule machine qui nous avait habitués maissonner nos champs, en vain. Elle est en panne », nous expliqua le premier intervenant. Avant qu’un second ne soit plus explicite : « On parle des aides de l’Etat dans le cadre du FNRDA, ici, personne n’en a bénéficié. Car, les terres que vous voyez n’appartiennent pas à une seule personne. Et les propriétaires des moissonneuses ne veulent pas venir car ils sous-estiment la récolte. Le seul qui nous rendait service, ne s’est pas manifesté parce que sa machine est en panne ». Les petits agriculteurs commencent à s’inquiéter, les premières pluies automnales n’attendront pas longtemps avant de tomber. Ils ont peur que celles-ci leur causent d’innombrables dégâts sans pouvoir ramasser aucun grain. D’ailleurs, ils ont saisi cette occasion pour lancer un appel urgent pour qu’on vienne sauver cette récolte. Pourtant, ajoute un troisième intervenant, le rendement moyen de cette année dépasserait largement la barre des 25 quintaux à l’hectare. En attendant que ce cri d’alarme trouve une oreille attentive, ces malheureux fellahs continuent à scruter le ciel tout en espérant que l’été se prolonge de quelques semaines de peur de voir leur récolte partir à vau l’eau. L’agriculture de montagne dans notre pays n’a pas que de beaux jours devant elle quand on entend parler de tels problèmes auquel elle est toujours confrontée.
Amar Ouramdane
