La Dépêche de Kabylie

Peur pour les bovins

Au moment où les services agricoles semblent arrivés à l’heure des bilans, suite à la maladie ravageuse de la fièvre catarrhale ayant décimé une grande partie du cheptel de la région de M’chedallah, voilà que d’autres appréhensions commencent à germer dans les esprits des éleveurs. Cette fois-ci, ce sont les propriétaires des bovins qui redoutent le pire pour leur bétail, et la non observation des mesures prophylactiques, notamment celles consistant en l’enfouissement des bêtes mortes, demeure l’une de leurs principales préoccupations. Certains éleveurs parlent même d’une certaine confusion entretenue jusque-là par les services vétérinaires de la DSA, qui parlent de maladie non encore identifiée. En effet, plusieurs semaines après que les premiers cas eussent été signalés, les résultats des analyses effectuées sur les sujets atteints au niveau du laboratoire de Draâ-Ben-Khedda à Tizi Ouzou ne leur sont pas encore parvenus, apprend-t-on de sources sûres. Ce qui empire la situation, selon ces éleveurs, c’est le fait que la maladie des bovins, appelée communément l’Ibaraki, aurait touché plus d’une cinquantaines de sujets à l’ouest de la wilaya de Bouira. Un fait qui ne manque pas de rappeler le dernier épisode ayant vu la bleue tong prendre l’effet de boule de neige au bout de quelques jours seulement. Les marchés hebdomadaires du bétail étant déjà mis à l’index, car il se trouve qu’ils ont toujours été les lieux privilégiés où le virus puisse se transmettre. D’ailleurs, on a vu comment l’épidémie s’est déplacée en un temps record, de Tizi Ouzou à Bouira puis Béjaïa. Des centaines de têtes ovines ont péri et une véritable hécatombe avait décimé le cheptel de régions entières, à l’exemple de celle d’Iouakourene dans la commune de Saharidj. D’ailleurs, la délégation ministérielle ayant été dépêchée dans la région de M’chdallah, au cours de la semaine dernière, avait dressé un bilan pour le moins catastrophique. Plus de 400 cas d’atteinte, dont 182 mortels ont été recensées au niveau de la seule commune de Saharidj. Ainsi, la situation demeure loin d’être maîtrisable et le risque de voir les bovins pris, à leur tour, dans la tourmente de cette épisootie ne cesse de tarauder les esprits des agriculteurs. Les autorités concernées ayant mis le paquet, du moins ces dernières semaines pour multiplier les interventions sur le terrain doivent encore redoubler d’efforts afin de mettre le holà à cette maladie ravageuse. Par conséquent, les éleveurs sont en droit de disposer du maximum d’information à propos de cette maladie, et une assistance technique est vivement recommandée en de telles circonstances.

L. Khaber

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