L’alliance se prépare au référendum

Hier, lors d’une rencontre qualifiée d’interne, Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Belkhadem et Bouguerra Soltani ont choisi pratiquement les mêmes termes pour ne plus afficher leurs désaccords publics, devenus embarrassants pour une alliance censée être homogène. « C’est une réunion interne qui ne devait même pas être ouverte à la presse. Nous avons décidé de la tenir pour évaluer le travail effectué jusque- là, mais aussi pour projeter notre alliance dans l’avenir et, enfin, corriger d’éventuelles anomalies », annonce d’emblée l’actuel président du « cartel » présidentiel, Bouguerra Soltani, également président du MSP. Belkhadem et Ouyahia lui emboîtent le pas pour dire la même chose, en des termes parfois différents, mais convergeant vers une réunion ordinaire. Seulement, le moment choisi pour un tel sommet, qui ne se tient publiquement que lors de l’alternance de la présidence tournante, n’est cependant pas fortuit. Des sources proches des trois partis politiques avancent l’imminence d’une concertation pour parler le même langage, ou tout au moins, trouver un minimum de points communs pour œuvrer à la révision constitutionnelle annoncée au mois de juillet dernier par le président de la République. La thèse trouve son explication dans l’ordre du jour de la réunion d’hier même. Lorsque les trois chefs de parti parlent de perspective, on ne peut que faire référence à l’échéance la plus proche, c’est-à-dire le référendum sur la révision constitutionnelle, qui doit se tenir, en principe, vers la fin de l’année en cours. Edifiés sans doute par les attaques qu’ils se lançaient publiquement lors du référendum sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de l’année précédente, Soltani, Ouyahia et Belkhadem entendent éviter le même scénario cette fois-ci. Pour cela, ils doivent passer d’abord par des concertations entre eux, avant d’aborder cette échéance qui, il faut le dire, n’est pas vue de la même manière par tout le monde. D’abord parce qu’avant l’annonce du chef de l’Etat, seul le FLN appelait à réviser l’actuelle loi fondamentale, alors que le MSP et le RND n’y voyaient pas une priorité, avant de faire marche-arrière dès que Bouteflika s’est mis de la partie. Ensuite, il ne faut pas, non plus, perdre de vue les différences idéologiques qui existent entre trois formations issues de bords différents, avant d’être réunies par le programme de Abdelaziz Bouteflika. A signaler qu’en dehors de la cérémonie inaugurale, rien n’a filtré sur la réunion qui s’est poursuivie à huis clos.

Ali Boukhlef