La rentrée scolaire occasionne des dépenses insupportables pour les petites bourses. Il faut, non seulement acheter le sac au dos, les livres et les fournitures scolaires, mais aussi les vêtements. Comme il n’y a pas de ramadhan sans chorba, il n’y a pas de rentrée scolaire sans vêtements neufs. Chez les tous petits, c’est même la condition sine qua non pour aller à l’école. ‘’On ne peut pas envoyer à l’école ses enfants avec des vêtements, des chaussures ou un tablier usagés, dit cette femme, alors que les autres sont vêtus de neuf ! » Et pour ne pas être en reste, on vêtira aussi ses enfants de… neuf. Mais attention, neuf ne signifie pas forcément neuf, c’est-à-dire, qui n’a jamais été porté : neuf, c’est surtout nouveau, c’est-à-dire qui n’a pas été porté par l’enfant, qui semble beau, voire coûteux ! Et du ‘’neuf » de ce genre, on en trouve aussi bien dans la boutique de confection que dans la… friperie ! Il faut cependant préciser que lorsqu’on parle de fripes, il ne s’agit pas de guenilles, ijerbuben, mais de vêtement ‘’de luxe », certes portés mais semblent neufs ou presque neufs. Il s’agit aussi de vêtements de « marques » avec, par exemple, sur le tricot un petit crocodile vert ou sur la casquette le triangle d’une marque de sport connue. Vous avez reconnu les fripes made in’ ! Ces fripes coûtent évidemment plus cher que les fripes habituelles mais au moins on se donne l’illusion et on donne l’illusion à son enfant de porter de beaux vêtements pour la rentrée. Des vêtements qu’on aurait payés dix fois plus cher s’ils étaient neufs. C’est-à-dire jamais portés !
S. Aït Larba
