La cité d’urgence la plus ancienne des cités de la ville de Seddouk post-indépendance est dans une situation fort déplorable. Celle-ci a été occasionnée indubitablement par des constructions à outrance. Ainsi, les voies d’accès non aménagées, l’éclairage public qui fait défaut… n’ont fait qu’accentuer la promiscuité et l’insalubrité qui règnent en maître dans cette cité ayant l’allure d’un gigantesque bidonville. Les propriétaires, qui ont construit dans un lotissement non urbanisé et non viabilisé, ont réalisé certains projets comme les réseaux d’assainissement et d’AEP à leurs frais. La cité Bouferdassen, située à l’embouchure réalisée dans le cadre du plan de Constantine, durant la guerre de Libération, est sans aucun doute la plus touchée avec ces ruelles excavées et son bâti ancien déglingué dont certaines maisons menacent ruine. Présentement, la cité d’urgence dans son ensemble présente deux aspects différents : à l’entrée, la grande rue commerçante distribue des magasins entichés. Le commerce florissant ne cesse de prendre de l’ampleur à une vitesse effrénée dans cette rue qui ne se désemplit pas de monde. La municipalité, pour sa part, a aménagé la chaussée de celle-ci par une couche de béton. L’endroit paraît propre et les habitants ne ressentent pas la moindre répugnance et parlent même de conditions de vie acceptables. Tout en bas, l’extension tous azimuts des habitations, qui naissent comme par enchantement tels des champignons, ne fait que développer un ensemble de maisons éparses sur lesquelles les autorités locales détournent les yeux pour ne pas voir toute cette misère qui frappe de plein fouet ses habitants confrontés à une dure réalité de la vie quotidienne. Les pistes de par le relief accidenté, sont ravinées par les eaux de pluie et regorgent de saillies et de crevasses, permettant difficilement le passage à pied et/ou avec des tracteurs agricoles. Le réseau d’assainissement abandonné à la lisière des habitations complique la vie des résidents par la prolifération de moustiques, même en hiver, et les odeurs nauséabondes qui se dégagent. Autant d’amertume qui fait que les résidents ne cessent d’emprunter le chemin de la mairie pour demander des projets qui faciliteront leur quotidien qui, à vrai dire, laisse à désirer. Car, il faut le dire, ces habitants ont fui les conditions lamentables dans les villages pour un cadre de vie meilleure en ville qu’ils n’ont jamais atteint.
L. Beddar