Bien que les autorités l’aient annoncé depuis maintenant deux ans, l’enseignement de tamazight est loin d’être généralisé. Il est toujours cantonné, pour l’essentiel, en Kabylie, aussi bien pour ce qui est de l’enseignement primaire et secondaire que de l’université. Tamazight est-il une réalité kabyle, comme ont tendance a le proclamer certains courants politiques ou est-il, comme le proclame la constitution et comme le veut la majorité des Algériens, une réalité nationale ? Cette année encore, des milliers d’enfants qui voudront apprendre cette langue ancestrale, seront frustrés. Que dire des étudiants et des chercheurs qui sont obligés de se rendre à Tizi Ouzou ou à Béjaïa, pour travailler sur le berbère ! Même Alger, la capitale, ne dispose pas d’une chaire de berbère, alors que Paris, Bruxelles, Rome ou Washingtown, qui ne sont pas pourtant des capitales de pays berbérophones, en ont chacun plusieurs ! Il faut dire que cette curieuse tendance des autorités algériennes à cantonner la berbérité à quelques régions du pays n’encourage pas la cohésion nationale !Tamazight, faut-il le répéter est le patrimoine commun de tous les Algériens, qu’ils soient berbérophones ou arabophones et à ce titre, il doit être enseigné partout, présent partout ! Il est certain que la question linguistique berbère a beaucoup avancé ces dernières années, mais les décisions prises par les hautes autorités tardent à voir le jour. Il est donc temps de lever les blocages, de faire de tamazight ce qu’elle doit être : un facteur d’unité, d’épanouissement et non, comme le voudraient certains, un moyen de fermeture !
S. Aït Larba
