Veut-on ébranler l’enseignement de tamazight ?

l Manifestement, les discours mielleux visant la promotion de tamazight dans ses différentes dimensions, sont loin de refléter l’amère réalité qui se pratique quotidiennement sur le terrain. Ainsi, croyant avoir mis un terme aux difficultés nées juste après l’introduction de cette langue dans le système éducatif en 1995, les enseignants de cette langue ont été cette fois-ci ébahis par l’attitude de leur tutelle à leur égard. En effet, en réponse à cette « provocation », une délégation qui a, au préalable, pris rendez-vous avec le secrétaire général du ministère de l’Education, exposé à ce responsable, dimanche dernier, l’état des lieux de l’enseignement de tamazight à Bouira, et ce, rappelons-le, en présence du directeur de l’académie de cette wilaya. A cette occasion, les représentants des enseignants ont fait lecture d’une déclaration où ont été énumérées les difficultés et les blocages rencontrés dans l’exercice de leur fonction. Le lendemain de la rencontre, soit lundi dernier, une quarantaine d’enseignants se sont rencontrés au niveau de leur organisme employeur où un bilan a été présenté par les membres de la délégation. Selon eux, le représentant du département, de Benbouzid a pris l’engagement de solutionner certains points soulevés, relatifs au volume horaire, ainsi qu’à la régularisation de la situation financière des contractuels. Par contre, ajoutent-ils, la préoccupation majeure des enseignants qui porte sur l’intégration et la réintégration, n’est pas encore satisfaite et elle sera soumise à l’étude par une commission dont la date n’est toujours pas déterminée. Quant aux acquis, on nous apprend qu’une réunion avec le directeur de l’éducation se tiendra dans une dizaine de jours sur la faisabilité de ces exploits. Un débat fructueux et sans détours sur ces différentes questions a débouché sur l’urgence de la tenue d’une assemblée générale extraordinaire de tous les enseignants de cette langue, et ce pour la journée du jeudi 31 du mois en cours à treize heures. Par ailleurs, les enseignants rencontrés, visiblement irrités, nous apprennent que le recours à des actions musclées, voire radicales n’est pas à écarter, au cas où leurs revendications ne seront pas satisfaites.

M. Smaïl