Flambée des prix

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C’est devenu presque un syndrome. A chaque fête religieuse ou autre, les prix flambent. A quelques jours du mois de Ramadhan, tout a changé. S’il y a juste quelques jours, on pouvait se permettre des légumes de saison à des prix raisonnables, ce n’est plus le cas.Lors d’une virée au marché central de la ville, il nous a été donné de constater que les prix ont doublé pour certains produits alors que d’autres ont carrément quadruplé. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Certains marchands de fruits et légumes disent que cette situation est provoquée par les dernières intempéries. Pour les consommateurs, il ne s’agit là que d’augmentations en prévision du mois sacré. Ainsi, la tomate cédée à vingt cinq dinars est affichée à cinquante dinars. Le poivron a lui aussi subi une hausse quand on sait qu’il était vendu à trente dinars, car, aujourd’hui, son prix oscille entre quarante-cinq et soixante-cinq dinars le kilo. Seul l’oignon est maintenu au même prix. Cependant, l’aliment le plus cher est la pomme de terre. Depuis des semaines déjà, elle n’a pas connu de baisse. De trente dinars, elle passe à cinquante dinars. Laminés par la rentrée scolaire, les citoyens ne savent plus comment accueillir le mois sacré. “On va se contenter du minimum. Même si on est fonctionnaire dans une administration, nous ne pouvons plus nous permettre même la viande congelée”, se dit cet employé à la mairie. Ce qui fait peur aussi aux pères de familles est l’augmentation des viandes rouges. L’encre qui a coulé sur la maladie de la langue bleue ou “blue tongue”, hante de plus en plus les consommateurs, “lorsque la demande va dépasser l’offre, ce ne seront que des augmentations qui vont se produire”, pense un client. Alors que cela ne décourage aucunement les adeptes des viandes congelées. “Al hamdoulillah, Dieu merci, depuis maintenant trois ans, je n’achète que de la viande congelée. Pourvu qu’on ne nous dise pas encore qu’elle est atteinte de la vache folle ou autres maladies qu’ils vont inventer”, ironise un autre client. Pendant que tout ce monde vit le Ramadhan avec anticipation, les comités locaux du Croissant-Rouge algérien se préparent chacun de son côté à satisfaire en repas chauds ou en colis alimentaires les familles démunies. Le Ramadhan sera annoncé au plus tard le samedi soir. Ce ne seront pas les spéculations qui vont manquer, mais on croit savoir déjà qu’avec la concurrence, les prix vont tout de même subir une légère baisse.Le ministre de l’Agriculture l’a si bien rappelé dans toutes ses interventions. Etant un mois de piété et de miséricorde, vendredi prochain, les imams animeront leurs prêches autour de ses deux principes de l’islam. En tout cas, l’Algérien est habitué à ce genre de situation. De notre côté, souhaitons à tous les musulmans bon carème.

Amar Ouramdane

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