Comme prévu, le rassemblement des travailleurs de la fédération de mécanique a été bel et bien maintenu. Depuis la matinée d’hier, les travailleurs ainsi que les représentants des sections syndicales du pays de ladite fédération se sont rassemblés devant le siège des SGP (Tranolb et Onstruet) à Hydra. Le mot d’ordre n’est autre que l’augmentation des salaires estimée pour cette couche sociale au début des pourparlers à 40 %, avant d’être revus à la baisse à 30 % et puis entre 16 et 24 % ; alors que les SGP n’ont proposé qu’une majoration de 5 à 10 %. Ce rassemblement a été décidé, faut-il le rappeler, le 12 septembre dernier après avoir constaté l’échec du dernier round des négociations relatives aux conventions de branches entre la fédération et la tutelle.Durant cette journée de protestation, les travailleurs n’ont pas cessé de scander des slogans hostiles à leur tutelle. Ils ont crié haut et fort pour exprimer leur ras-le-bol et leur mécontentement. Des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « revalorisez notre salaire », « où est l’argent du pétrole », “améliorez notre pouvoir d’achat et dégagez un plan d’assainissement pour nos entreprises”, ont été brandies.Les contestataires n’ont pas cessé de fustiger les autorités concernées en dénonçant leur « incompréhension et leur échec ». Les travailleurs de la fédération de l’industrie mécanique, électronique et métallurgique projettent de mener un cycle de manifestations et d’actions dans le cas où leurs revendications consistant en l’augmentation des salaires ne seront pas satisfaites. De ce fait, les travailleurs semblent décidés à passer à un palier supérieur de contestation, en projetant d’organiser un autre rassemblement pour le mercredi prochain devant le siège de la SGP (Equipag) chargée du secteur de la mécanique, sise à El Achour. « Dans le cas où les SGP ne veulent plus prendre en considération notre revendication, nous aurons recours à la rue », a déclaré M.Kordjani, secrétaire général de ladite fédération. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler la base à temporiser jusqu’à ce que la Centrale syndicale rende ses résultats. « Du moment qu’elle nous a promis de prendre en considération notre dossier », a t-il ajouté. Par ailleurs, les syndicalistes ont déploré à l’unanimité le fait que les SGP ainsi que le groupe SNVI n’ont pas pu aboutir à un compromis positif et ce malgré les concessions faites de part et d’autre. Devant un parterre de travailleurs syndicalistes qui ont investi les sièges de ces SGP, M. Kordjani a regretté le fait que seul le secteur de la mécanique n’a pas bénéficié d’une augmentation substantielle, tout en citant le cas d’autres fédérations ayant arraché 30%. « Ce sont 70 000 travailleurs exerçant dans ce domaine et qui perçoivent des salaires dérisoires voire même indécents, oscillant entre 16 000 et 17 000 DA, alors que ceux qui sont classés en première catégorie ne perçoivent que 8 000 DA », a-t-il regretté en guise de conclusion.
Ziyad Demouche
