Même si le nombre des pratiquantes de la discipline du volley va en augmentant jusqu’à égaler celui des garçons, pour les entraîneurs, ce rapport ne suit pas cette logique. Chafika est l’une des seules, sinon la seule femme au service du volley-ball bgayeti. Une présence certes remarquée, mais qui s’avère insuffisante et est similaire à une goutte dans un océan. Cela ne semble pas gêner outre mesure notre technicienne qui accomplit son travail d’école avec ardeur, persévérance, et duquel elle tire également autant de satisfaction. « Foufa » comme aiment à l’appeler les trente pratiquantes de son école et à laquelle elle répondra tendrement à toutes par « Mimi » en guise de oui, sont autant de preuves d’attention que l’élève et le maître s’accordent mutuellement. C’est depuis quatre années que Chafika est aux commandes de cette école et des benjamines qui, avec l’intronisation du mini-volley dans toutes ses formes (tournoi, championnat festival…), elle contribue également à la compétition. Sinon, le plus gros de son travail, elle le réalise dans le terrain mitoyen à la salle Bleue et se résume à une initiation de cette nuée de débutantes aux notions de base de la discipline. « Actuellement, nous dira-t-elle, nous disposons d’un groupe constitué d’une bonne quinzaine de joueuses qui ont un parfait gabarit et jouissent de techniques qui les prédestinent à intégrer incessamment la catégorie minimes ». Le seul problème dont elle souffre et qui se pose avec acuité, reste celui de son statut de technicienne qui n’est pas encore mis en valeur, en raison du manque de poste budgétaire qui peut la prédestiner à une carrière où elle peut évoluer sur tous les plans. Ses revenus actuels se résument au pécule que lui attribue son club employeur, le Naceria de Bgayet, qui, certes, lui est indispensable, mais qui est par ailleurs loin de rémunérer ses besoins… et ses services. Elle continue à œuvrer de toutes ses forces au sein de son club et de sa discipline en attendant que de meilleures opportunités s’offrent à elle.
M. O.
