Accompagné d’une forte délégation, parmi laquelle figure le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamel Ould Abbas, M. Ouyahia a eu droit à un accueil digne et chaleureux des citoyens de Béni Douala.Plusieurs délégués de l’interwilayas, tels que Abrika, Boumekla, Iguetoulene, Oudjeddi et Benmansour, étaient sur place aux côtés des parents des martyrs des évènements du Printemps noir pour accueillir la délégation gouvernementale.C’est au domicile de la famille Guermah, où se trouvaient la mère et la sœur du défunt Massinissa, que fut reçu le chef du gouvernement. Etaient également présents les représentants des autorités militaires, à l’image du nouveau chef de groupement de la Gendarmerie nationale de Tizi Ouzou, le colonel Kehfaz. A telle enseigne qu’on aurait dit que l’époque de belligérance est définitivement bannie.La commémoration de ce quatrième anniversaire aura donc été une occasion de rapprochement entre la population kabyle et le gouvernement, après une période de confrontation et de méfiance. Une époque durant laquelle la région avait payé un lourd tribut : 126 jeunes tués à la fleur de l’âge, des milliers de handicapés, dont des centaines à vie, et un climat de récession socio-économique.Le geste “affectueux et familial” d’Ouyahia envers les familles martyrisées par les évènements de 2001 se veut une expression de la bonne volonté et de la sincérité de l’Etat à l’égard de la Kabylie.Hier, l’inattendu s’est produit sur les hauteurs de Tizi Ouzou, là où sont nés les Matoub Lounès, Mouloud Feraoun et Massinissa Guermah. La présence des officiels a enchanté les citoyens de la localité au moment où certains s’attendaient à l’effet inverse. Hommes et femmes, entremêlés dans la foule, ont entonné des acclamations et des youyous à l’arrivée de la délégation. Celle-ci, très à l’aise dès lors, se passera de gestes protocolaires.Le chef du gouvernement et ses accompagnateurs seront invités à l’intérieur du domicile familial des Guermah, où une discussion à bâtons rompus de près de 20 minutes a eu lieu avec le père de Massinissa entouré des délégués des archs. L’échange n’avait rien de protocolaire, mais plutôt un climat de convivialité et même de complicité a caractérisé la rencontre.Le dépôt de gerbes de fleurs était également une occasion pour M. Ouyahia de se mêler à la foule. Après avoir déposé une gerbe sur la tombe de Massinissa Guermah, une minute de silence sera observée à la mémoire de tous ceux qui sont tombés sous les balles des gendarmes.Mais ce qu’il y a lieu de souligner, c’est que le chef du gouvernement, venu à titre officiel, éprouvera une grande gêne devant la solennité sous les airs de l’hymne matoubien “Aghourou”.Un sentiment qui sera vite oublié, puisque M. Ouyahia quitte les lieux sous les acclamations nourris des jeunes présents sur place. Ce qui fera dire à M.Ould Abbas que “la Kabylie qui recèle des hommes fougueux et chaleureux ne peut qu’aspirer à un avenir radieux. La crise est finie”.
M. A. T.
