l Le Ramadhan s’est présenté, comme chaque année avec une avance de dix jours et comme toutes les précédentes, le peuple l’a attendu avec l’espoir de ne pas se heurter à la hausse des prix surtout pour la viande qui reste sacrée tout au long de ce mois. La chorba aussi, est revenue avec toute la gamme de nourritures traditionnelles, un délice pour le palais en jeûne qui attend patiemment l’appel du muezzin pour rompre le jeûne, et ce, au grand plaisir de ceux qui comptent les jours, les heures. La commune n’Ath Mlikeche est comme à l’accoutumée, dans le même cercle des traditions. Sans nouveauté aucune, les jeunes et même ceux qui ne le sont plus se désolent qu’il n’y ait pas de centre de distraction où ils peuvent passer agréablement leurs soirées. A part les cafés maures, quasi présents d’ailleurs, et les projections vidéos qui se font en cachette, nuls autres moyens de se distraire. “C’est pour cela qu’on préfère prendre le bus et descendre à Tazmalt”, s’est exclamé un jeune lycéen. Et à un autre d’ajouter que “là-bas, au moins on programmait des soirées trois nuits par semaine.”
Pour dire que l’absence de spectacle est à ajouter à une longue liste des choses qui manquent en ce mois où les animations sont plus de nuit que de jour. Bien que l’heure ne dépasse pas minuit, tous les villages sont plongés dans un silence qui rappelle à l’ordre de la réalité quotidienne ceux qui devront se lever tôt pour aller travailler. En effet, après minuit, c’est une autre journée qui débute et la veillée coûterait cher au réveil, sauf pour ceux qui aiment faire la grasse matinée. Celle-ci est certainement la seule occasion de se laisser aller sans payer un grand prix, car dormir le ventre plein est mieux que d’être éveillé avec le ventre creux, surtout quand on n’a rien à faire.
Bouzid Lazazen
