La Dépêche de Kabylie

Déclaration

L’impunité continue de marquer la vie publique nationale malgré les promesses de changement et de réforme de la justice. La justice aux ordres conforte de jour en jour son règne. Le procès des assassins du jeune martyr Chaibet Hocine, âgé de 16 ans, qui devait avoir lieu aujourd’hui le 9 octobre 2006 au tribunal de Draâ El Mizan, a été reporté unilatéralement et sans raison valable par le juge au 13 novembre prochain soulevant colère, indignation et condamnation de la famille de la victime ses proches, les présents à l’audience et des organisations de défense de la victime qui ont nourri l’espoir des années durant de voir la justice faire son devoir de rétablir les faits et de sanctionner tel qu’il se doit les criminels.

Le jeune Chaibet Hocine a été assassiné le 26 avril 2001 par des balles tirées par des éléments de la Garde communale d’Ath Yahia Moussa au début des évènements du Printemps noir de 2001.

A la lumière des éléments constitutifs du dossier, il apparaît clairement que l’instruction menée par le même juge d’instruction, qui se caractérise par le refus de la reconstitution des faits et de la confrontation entre les témoins de la partie civile et de de ceux qui ont ouvert le feu sur les manifestants le 26 avril 2001 à Aït Yahia Moussa, a été bâclée après 3 années d’attente.

Pis, après 5 années, ladite affaire qui a été criminalisée par ce même juge d’instruction a été requalifiée par la chambre d’accusation pour qu’elle passe au niveau du tribunal correctionnel de Draâ El Mizan, dissimulant ainsi un crime commis par la Garde communale avec arme à feu. En agissant de la sorte; « l’injustice » veut camoufler cet homicide volontaire et même aboutir par la suite à disculper les accusés connus de tous.

Plus grave encore, aucune mesure n’a été prise par les autorités, même à titre conservatoire, vis-à-vis des accusés. Ces derniers, toujours en poste d’ailleurs, continuent à narguer la population puisqu’ils jouissent d’une impunité totale.

La population de la région est terrifiée et les témoins du drame menacés et subissent des pressions terribles.

La justice vient de faire un autre pas dans l’intolérable en décidant d’un cinquième report injustifié, en violation de la loi qui limite en pénal le nombre de reports maximum à 3, ajoutant ainsi du discrédit à l’appareil judiciaire et confirmant de fait les soupçons de manipulations et de torpillages qui pèsent déjà lourdement sur ce procès, ceci au moment où les faits étant avérés et les témoignages implacables, l’opinion publique attendait le déroulement du procès en cour d’assise (criminelle) en respect des lois en vigueur.

A cet effet, la CADC :

lance un appel à la population à ne pas céder aux pressions à demeurer vigilante et à continuer d’exiger la vérité sur l’assassinat de Chaibet Hocine ; et rappelle l’obligation de l’Etat d’honorer ses engagements pris dans le cadre du processus du dialogue depuis la signature de l’accord global du 15 janvier 2005, notamment le jugement des assassins du Printemps noir par les tribunaux civils et la protection des témoins du drame du Printemps noir.

Ulac smah ulac

Le combat continue

Pour la coordination

de l’interwilayas

La CADC de Tizi Ouzou

Tizi Ouzou, le 9/10/2006

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