Des nuits particulièrement animées

l Dès le premier jour du Ramadhan, une transformation radicale s’est emparée de la population tant sur le volet comportement qu’alimentaires. Immédiatement après le traditionnel bol de chorba expédié à la hâte, c’est la ruée sur les places publiques, les cafés où les retardataires éprouvent des difficultés pour dénicher ne serait-ce qu’une chaise. A Saharidj, chaque café a sa spécificité, il y a ceux où l’on joue d’interminables parties de dominos d’autres ont versé dans le loto, ceux-là s’avèrent trop exigus pour contenir tous les amateurs de ce jeu même les devantures et trottoirs sont noirs de monde parfois assis à même le sol chacun penché sur son carton. La troisième catégorie des cafés est destinée aux affairistes et autres politiciens locaux qui profitent de ces importants regroupements pour se faire remarquer et « rappeler leurs présences » à une société qui ne leur prêtent guère grande attention malgré les rictus qu’ils affichent en permanence sur des visages béats. D’autres encore se rendent dans les mosquées pour la prière des « tarahouih ». Les grandes allées se transforment en piste de « randonnées pédestres » pour ceux qui cherchent à se faciliter la digestion des énormes quantités d’aliments avalés à la hâte, les rues principales ne se vident qu’à une heure tardive de la nuit, pour être complètement désertes pendant la journée.

Omar Soualah