Est-ce le film Indigènes, sorti récemment sur les écrans, qui a ému les autorités françaises, ou une réaction dictée par le désir de rétablir une injustice ?
Quoi qu’il en soit, les mêmes autorités ont décidé de revaloriser les pensions des anciens combattants ‘’indigènes’’ et de leurs ayants droits. Depuis pratiquement l’indépendance de l’Algérie, ces pensions n’ont pas bougé, alors que celles des combattants d’origine française, elles, ont fait des bonds en avant. Et pourtant, Algériens, Tunisiens, Marocains, Sénégalais et autres indigènes, ont combattu avec la même ardeur sous le drapeau français, ils ont enduré les mêmes souffrances… sans que les guerres que les Français ont menées ne les aient concernés !
Faut-il rappeler que nos pères et nos grands-pères ont été enrôlés de force durant les deux guerres mondiales ou la guerre d’Indochine ? On les a enlevés de force à leur travail, à leurs familles, et on les a envoyé combattre en Italie, à Dien Bien Phu. Beaucoup d’entre eux sont morts, d’autres ont été mutilés à vie, tous ont été marqués, à vie, par les horreurs de la guerre.
Dans les années 50, et les années 60, les pensions octroyées suffisaient à peine pour faire nourrir les familles, quant aux pensions de réversion, touchées par les veuves, elles sont dérisoires…On ne peut qu’applaudir à la décision de revalorisation des pensions, mais les Français devraient aller plus loin : reconnaître les crimes de la colonisation et, pourquoi pas, indemniser les victimes civiles de la guerre d’Algérie.
La France l’a bien exigé de l’Allemagne !
S. Aït Larba
