Malgré les prix exorbitants affichés au marché, les bienfaiteurs ne reculent pas. Au contraire, ils semblent prendre conscience de la situation de précarité que vivent leurs concitoyens, surtout en cette période de Ramadhan où le marché affiche des prix dépassant tout entendement. A Aïn El Hammam, au niveau du restaurant du C-RA local, où nous nous sommes rendu, nous avons appris que la pomme de terre est cédée à 60 dinars et le choux-fleur à 65 DA et autres, n’ont pas eu de répercussions sur la qualité des repas servis. Tant mieux pour ceux qui en profitent. Plus que les premiers jours de carême, les bienfaiteurs se font de plus en plus nombreux. En plus des dons en espèce, le C-RA reçoit quotidiennement des dons en nature qui consistent en des fruits et légumes, yaourt, limonade, etc. Cet élan de générosité est illustré par le geste de certaines personnes aisées qui, chacune et à tour de rôle, ont pris entièrement en charge l’achat des produits nécessaires à la confection des repas d’une journée. C’est ce qui permet aux volontaires du Croissant-Rouge de faire face aux nécessiteux qui se présentent à l’heure de la rupture du jeûne et, surtout, de satisfaire ceux qui emportent les repas chez eux. En effet, une trentaine de familles environ bénéficient de cette formule depuis l’entame du Ramadhan. Un volontaire souligne : “Nous tenons beaucoup à cette opération qui nous permet de “toucher” ceux qui ne peuvent venir à nous, les femmes et les enfants en l’occurrence”.
Meidat El Hillal ne durera malheureusement qu’un mois. Le Ramadhan de cette année nous dévoile un nombre sans cesse grandissant de démunis issus de toutes les catégories sociales tels des diplômés chômeurs, des personnes âgées sans ressources… Ils sont en train de passer ce mois en mangeant à leur faim. Qui prendra le relais le reste de l’année ?
Nacer B.
