On l’a écrit déjà, dans cette chronique, le Ramadhan est le mois des conversions. Pas les conversions religieuses (bien que certains, se redécouvrent, en cette période de ferveur, une foi ardente) mais commerciale.
On a vu des boutiques de fleuristes, voire des papeteries se transformer en échoppes de zlabia et qarbelouze, on a vu surtout les marchands à la sauvette, troquer leurs cigarettes ou leurs cacahuètes contre des sachets de pruneaux secs ou des boites de jus de fruits : produits très consommés durant le mois et donc faisant l’objet d’une très forte demande.
Hé bien ! Maintenant que le Ramadhan commence à plier bagages et que la valeur de la zlabia et du qalbelouze va chuter, les managers de l’informel vont se reconvertir encore. Pour quelques jours, ce sera le vêtement et la chaussure, l’aïd oblige : on étalera à volonté les jeans, les robes, les baskets et autres chaussures, « à des prix défiant toute concurrence », on se remplira les poches, puis on songera à d’autres conversions…
Avec l’hiver qui approche, le parapluie, les bérets et les gants bien chauds sont un créneau très porteur, mais il y a aussi la mangeaille qui, elle, ne se démode jamais et qui fait toujours recette. Ce sera les camionnettes qui parcourent les rues, proposant pommes de terre, carottes et navets, ou alors, autre créneau indétronable, la lingerie…
Au rythme des conversions et des reconversions, des fortunes se construisent, doucement mais sûrement… sur le dos du malheureux consommateur que chacun plume comme il peut.
S. Aït Larba
