Le pire évité de justesse

Dans un récent article, nous avons signalé le danger que représente la route reliant le chef-lieu de la commune de Saharidj au village Aggache. Cette voie nouvellement goudronnée incite, par son état neuf, les automobilistes à « appuyer sur le champignon » et se griser de vitesse sur quelques deux kilomètres. Ce que certains chauffeurs inconscients ne prennent pas en considération, c’est le fait que cet axe routier traverse une importante agglomération à quelques mètres de pas-de-portes a donnant directement sur la chaussée en l’absence de trottoirs ou autre forme de sécurité par la pose de barraudage ou grillage de sécurité. Un enfant qui échappe à la surveillance de ses parents se retrouve en deux enjambées au milieu d’une route où la visibilité est extrêmement réduite car bordée d’un côté et de l’autre par des lignes d’arbres touffus. La distance avant que les usagers de cette route guillotine ne se rendent compte de la présence d’un enfant, un vieillard ou même d’animaux domestiques ou tout autre obstacle ne leur permettent point de l’éviter, c’est un miracle qu’aucun accident grave ne se soit encore produit sur ce tronçon. Dans un article précédent, nous avons souligné la nécessité absolue et l’urgence de l’aménagement de quelques ralentisseurs, trois au maximum, ainsi que des plaques de signalisation et de limitation de vitesse.

L’absence de réaction des responsables municipaux qui ne semblent guère préoccupés par la sécurité des citoyens, a fait que les riverains se voient dans l’obligation de protéger les enfants eux-mêmes en interpellant les automobilistes qui usent de vitesse et attirent leur attention sur les risques d’accidents omniprésents sous diverses formes sur ce tronçon. Seulement, ces interpellations sont différemment interprétées par les automobilistes, il y a ceux qui les prennent en considération et agissent en conséquence et d’autres (particulièrement les jeunes) qui réagissent plutôt mal à ce genre d’observations émanant de simples citoyens « c’est la voie publique » telle est leur réponse, ce qui a abouti souvent à des accrochages violents qui s’aggravent au fil du temps, tel celui survenu ce dimanche entre les membres des deux plus importantes familles du village ce qui a fait rameuter les parents des uns et des autres à quelques minutes de la rupture du jeûne, l’effet du Ramadhan en fin de journée aidant, les esprits se sont vite échauffés et l’on en est venus aux mains (heureusement nues) des coups de poings et de pieds pleuvaient de toutes parts, n’était-ce l’intervention de quelques sages, le pas vers l’irréparable aurait été vite franchi. Les conséquences qui découleront d’une telle bataille rangée qui peut se rééditer à tout moment ne seront pas de la seule responsabilité des belligérants, mais aussi des autorités locales qui font la sourde d’oreille et attendent qu’un drame se produise pour se manifester.

Appel est ainsi lancé une énième fois aux autorités compétentes pour agir et vite, il suffirait d’un autre incident crée par un chauffard sur cette route et nul ne pourrait prédire ce qui se produirait, la situation étant extrêmement tendue, une situation à prendre avec le plus grand sérieux. C’est un cas presque similaire qui s’est soldé par un lourd bilan : trois (3) morts parmi les belligérants dans ce village dans les années 80. A bon entendeur…

Omar Soualah