Ramadhan : prolongations

A peine le Ramadhan fini, sans même laisser aux gens le temps de souffler, certains le relancent : prolongation des sabirin, le jeûne volontaires lequel, disent les gens pieuses, est très méritoire.

En fait le jeune surérogatoire est une tradition ancienne, que les gens, notamment les personnes d’un certain âge pratiquaient, mais la différence entre le jeûne d’aujourd’hui et celui d’autrefois, c’est que le jeûne d’autrefois était plutôt discret alors que celui d’aujourd’hui est ostentatoire.

Autrefois, on ne s’apercevait même pas que les gens jeûnaient : ils ne dérangeaient personne, ils n’exigeaient aucun traitement particulier. Aujourd’hui, c’est écarte-toi de mon chemin, je jeûne !

Comme lors du Ramadhan, on s’irrite, on se fâche, on gueule, on fait tout pour montrer qu’on jeûne. Et surtout on continue, après l’ftar, à faire bombance. La preuve c’est que les ingrédients du Ramadhan, après avoir disparu pendant les deux jours de l’Aïd reviennent, au grand bonheur des marchands, qui, eux aussi, prolongent les gains.

Chorba, viandes, petits plats, pâtisseries orientales, tout comme pour le Ramadhan, alors que le mot sabirin signifie ‘’jeûne des patients, jeûne de ceux qui se retiennent et supportent les privations ». Le Ramadhan, fait vivre le commerce parallèle, les sabirin aussi ! Pour les marchands véreux, toutes les occasions de se remplir les poches sont bonnes : pourquoi ne profiteraient-ils pas des sabirin ?

Quand on voit comment les gens se comportent, quand on voit la frénésie de consommation de certains, on a envie de leur donner raison !

S. Aït Larba