Vers une levée de boucliers des partis non-agréés

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Rabah Kebir convoite de près le sigle du parti de Mahsas, mis en veilleuse par ce dernier depuis 1990, faute de militants. Ainsi, de source proche de l’ex-responsable de l’instance exécutive à l’étranger du parti dissous, nous apprenons que ce dernier a sollicité Ali Mahsas pour reprendre son parti agréé, l’Union des forces démocratiques, créé par Mahsas du temps où il s’opposait au régime issu du coup d’Etat de 1965.

Epaulé dans son entreprise par l’ex-SG de la Coordination nationale des enfants de chouhada, Lakhdar Ben Said, Kebir tente dans sa démarche de contourner les interdictions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, en récupérant le sigle du parti politique de Ali Mahsas.

En lorgnant du côté du responsable de l’organisation des enfants de chouhada, déchu par Bounedjma, suite à la crise suscitée par la rivalité entre Benflis et Bouteflika pour la magistrature suprême, Kebir cherche à s’attirer les faveurs de ce qui est appelé «la famille révolutionnaire», première victime, faut-il le rappeler, de la furie meurtrière du parti intégriste dissous.

Les activités de l’ex-chef de l’instance exécutive du parti dissous à l’étranger ne sont pas passées inaperçues, du fait que plusieurs sigles de partis mis en veilleuse, faute de militants, à l’image de la nouvelle qui donnait le Mouvement pour l’entente nationale de Boukhazna, comme le sigle ayant intéressé Kebir.

Sid-Ahmed Ghozali, SG du parti non agréé, le Front démocratique (FD), est sorti de son mutisme, sur les colonnes d’un hebdomadaire arabophone algérien qui dans son édition de cette semaine a publié un long entretien de ce dernier, où il a indiqué que Ben Bella cherche aussi, à offrir son «MDA» à Kebir. L’ancien chef de l’Exécutif, qui a participé à l’arrêt du processus électoral ayant empêché l’instauration de l’Etat théocratique, a remis sur le tapis le refus du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales d’agréer son parti et celui d’Ahmed Taleb El Ibrahimi, en qualifiant cette décision d’arbitraire. Ghozali est allé plus loin dans son analyse, en soutenant que la politique de réconciliation nationale prônée depuis l’investiture de Bouteflika offre le droit aux politiques du parti dissous de créer une formation politique légale.

De son côté, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Yazid Zerhouni, a estimé, en marge des festivités du 1er Novembre, que c’est au gouvernement d’appliquer la loi, surtout que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale est claire en ce qui concerne l’interdiction de l’activité politique pour les acteurs de ce qui est qualifié de «tragédie nationale».

Cette sentence n’est pas partagée par Ben Aicha, l’ex-émir de l’AIS de l’Ouest. Ce dernier a soutenu, dans l’interview qu’il a accordée au quotidien Djazair News, qu’il est du droit des ex-activistes du parti dissous de créer un parti politique, en se référant à l’argument des droits politiques pour couronner la démarche de réconciliation nationale initiée par Bouteflika, avancé par Rabah Kebir avant même son retour au pays.

L’ex-Emir régional de l’organisation terroriste «AIS» a également soutenu, que les attentats perpétrés par le GSPC travaillent les projets américains dans la région. Il a même rappelé ce qui se passe en Irak, pour inviter ses «ex-compagnons d’armes» à mettre un terme à leur activité terroriste.

En jetant son dévolu sur l’ex-inconditionnel de Ben Bella, à savoir Ali Mahsas, Kebir cherche à parrainer son entreprise politique, en l’orientant idéologiquement vers les précepts qui ont présidé au 1er Novembre. Mahsas, qui a longtemps combattu tout ce qui se rapproche du congrès de la Soummam, ira-t-il jusqu’à permettre à l’un des anciens chefs du parti islamiste dissous de revenir sur la scène politique nationale ?

Hadj Bouziane

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