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Plusieurs livres sur la Kabylie, sa beauté et sa rudesse

Même si certains éditeurs ont fait preuve de professionnalisme à l’image des éditions Chihab qui éditent un journal spécial autour du salon où sont annoncés toutes les nouvelles publications et où on retrouve des interviews d’écrivains à l’image de Chawki Amari qui signe Après-Demain, un roman satirique. Au stand des éditions Sedia, le visiteur peut trouver au prix plus ou moins abordable de 650 dinars du dernier roman de Yasmina Khadra Les sirènes de Baghdad ainsi qu’une plaquette du même auteur intitulée : La rose de Blida où est décrit de manière poétique son tout premier amour. Ce livret de trente pages est proposé à 300 dinars. Le même espace expose Mes hommes, dernier roman de Malika Mokkadem, L’Attentat de Yasmina Khadra et Mes mauvaises pensées de Nina Bouraoui. Mardi, ce stand n’enregistrait pas encore des visiteurs en nombre important bien que Yasmina Khadra soit la star de ce salon. Mais toujours est-il, l’absence du public dans ce genre de stands demeure une véritable énigme surtout que dans le grand espace réservé aux livres religieux, les visiteurs se bousculent et ne quittent les lieux que les bras bien chargés. Certains sortent avec des cartons. Les prix pratiqués sur le livre religieux est beaucoup moins cher. Le visiteur peut en trouve pour la modique somme de 100 dinars.

Au stand de éditeurs français, Omar Cheikh, libraire à Tizi Ouzou confie qu’à partir du week-end, l’affluence enregistrera une hausse considérable. Son optimisme va jusqu’à prédire que la marchandise sera écoulée avant la fin du salon. Omar Cheikh a participé à tous les salons depuis le début et c’est son expérience qui parle. Toutefois, il est vrai que la quantité des livres exposés est visiblement faible. Le stand Gallimard a eu à subir un fâcheux événement. Le train, qui transportait ses livres vers Marseille, a eu un accident et le wagon où se trouvait sa marchandise a été endommagé à 80 %. C’est ce qui explique qu’il y a beaucoup moins de livres exposés que lors de l’année dernière. Hormis le dernier roman de l’écrivain algérien Salim Bachi, Tuez-les tous, qui dresse le portrait d’un des terroristes auteurs des attentats du 11 septembre 2001 à New York (Editions Gallimard) proposé à seulement 360 dinars et Partir, dernier-né de Tahar Ben Jelloun (700 dinars), le stand de Gallimard n’offre pas grand-chose en matière de nouveautés. On ne retrouve par exemple le roman Les bienveillantes de Jonathan Littel qui est pourtant l’événement littéraire en France depuis la rentrée. Un livre qui a de fortes chances d’obtenir le Goncourt et qui vient d’arracher le Grand Prix de l’académie française. L’espace Gallimard expose toutefois un grand nombre de classiques en format de poche qu’on ne retrouve pas forcément dans les librairies d’Algérie à des prix oscillants de 400 à 800 DA. Chez Flammarion, on peut trouver le dernier livre de Paulo Coelho Comme un fleuve au prix astronomique de

1 250 DA. Le même livre est vendu dans les librairies en édition piratée à 350 dinars. Un roman égyptien qui a fait scandale en Egypte et un tabac en France, L’Immeuble Yacoubien, est disponible mais à un prix qui dépasse l’imagination : 1 800 DA. D’ailleurs, l’ensemble des livres de Flammarion sont affichés à des prix inabordables. Les éditions Barzakh, qui font un excellent travail, avec l’édition de nouveaux auteurs et un effort remarquable quant à la qualité technique de leurs produits, semblent s’être précipitées cette fois-ci puisque les livres annoncés n’étaient pas encore prêts au premier jour du salon. C’est le cas du roman de Ali Malek : Le Chien de Titanic. Ali Malek est né en 1968 dans la wilaya de Tizi Ouzou. Il a publié chez le même éditeur Bleu mon père, vert mon mari (nouvelles) et Les chemins qui remontent (roman). Son nouveau roman qui devait être disponible hier au stand de Barzakh est résumé ainsi par l’éditeur : “Titanic est ce bourg de Kabylie si fréquemment inondé par le passé qu’il y a laissé son nom tiré d’un saint aïeul pour ce sobriquet emprunté au cinéma. Ses habitants y mènent une vie d’ennui et d’inertie. Jusqu’au jour où tout bascule ; le chien du capitaine de gendarmerie est tué. Celui-ci n’aura de cesse de trouver le coupable, quitte à provoquer l’irréparable”. L’éditeur précise que les personnages d’Ali Malek sont médiocres et attachants à la fois. Amoureux ou drogué, solitaire ou vénal, il y a celui qui rêvent de visa, celui qui vit reclus dans la montagne, celle qui vend son corps pour nourrir sa famille ; chacun se fraye un chemin dans un quotidien pesant. Le jeune écrivain Ali Malek sait dépeindre avec des mots simples et un style concis et attrayant, la vie dans les villages kabyles.

Izri, images de Kabylie est un nouveau livre d’art de Catherine Rossi et Karim Takeznount, qui vient de sortir chez Dalimen. L’ouvrage est une approche visuelle de la côte kabyle. Catherine Rossi, lit-on sur la note de présentation, “réussit là, par la délicatesse et la sensibilité des aquarelles, à transmettre beaucoup d’émotion, à la mesure de l’empathie qu’elle-même ressent pour ces paysages d’une grande beauté, ainsi que pour ses habitants qu’elle apprécie et avec qui elle a su nouer des liens très étroits.”

Le stand de Casbah propose un roman de Belkacem Ait Ouyahia, professeur en médecine originaire de la wilaya de Tizi Ouzou, qui a troqué son stéthoscope contre la plume. Avec l’Afrasienne, il signe son troisième roman après Pierres et lumières et les Blés d’or du Chélif.

Le lecteur peut acquérir un livre de 400 pages au stand de Barzakh où sont compilés les trois premiers romans de Mohamed Dib, sous le titre générique de La trilogie Algérie. Le livre qui se vend à 600 dinars comprend La grande maison, L’incendie et Le métier à tisser.

D’autres livres récents ou vieux de grands auteurs, non disponibles en librairie, sont exposés dans le salon à l’exemple de l’autobiographie du géant Gabriel Garcia Marquez : Vivre pour la raconter (550 DA) ou encore les romans de Charles Dickens, qu’on trouve rarement chez les libraires comme Les grandes espérances et Olivier Twist. Mais aucun roman d’Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature de cette année, n’est malheureusement présent.

Quant aux conférences programmées lors de ce salon, il est déplorable qu’elle soient animées dans leur majorité par des politiciens à la place des écrivains qui ont fait leurs preuves en publiant.

Aomar Mohellebi

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