Les livres : les élèves attendent toujours

l Deux mois après la rentrée scolaire, les enfants, ou plutôt leurs parents, sont toujours à la recherche de livres. Le scénario est le même dans tous les établissements scolaires de la région d’Ain El Hammam où nous nous sommes rendus. Les écoles ne disposent pas de tous les manuels. A l’entrée d’un CEM, nous avons croisé une mère de famille dont le fils est scolarisé dans un autre établissement où une partie des livres seulement est disponible. Elle est venue acheter, ici, ceux qu’elle n’est pas arrivée à trouver ailleurs. Si elle est revenue à chaque fois bredouille, ce n’est pas faute d’avoir cherché. « Je me suis déplacée même au CRDDP de Tizi Ouzou. Et là aussi je n’ai pu en trouver que deux. Mon fils est élève en 4e année moyenne. Comme le nouveau programme connaît son application depuis cette année seulement, je ne peux emprunter les livres des anciens élèves de 9ème AF. Un libraire de Tizi Ouzou m’a promis de me « les débrouiller » pour la semaine prochaine ». On en est donc arrivés à la débrouille. Dans les écoles primaires, tout comme dans les lycées, les manuels sont distribués avec parcimonie. Les parents se plaignent, de ne pouvoir mettre entre les mains de leurs enfants cet outil si indispensable, surtout avec le nouveau programme. Les enseignants, eux, ne décolèrent pas de ne pouvoir mener à bien leur mission, faute de livres. « Même avec les livres, nous ne sommes pas sûrs de terminer le programme », avoue un PEM qui ajoute : « Pourtant, au début de l’année, on nous avait assurés de la disponibilité de tous les manuels ».

Les établissements qui se sont présentés, à temps au CRDDP ont pu avoir tous les livres qu’ils avaient demandés, hormis celui d’histoire de 1ère AM. « Si, en plus du problème des classes d’examen surchargées auxquelles nous faisons face, nous devons travailler sans livres, avouez que notre mission n’est pas des plus faciles ». Les chefs d’établissements à qui nous avons demandé de nous expliquer cette carence affirment n’y être pour rien : « Nous ne ramenons que ce que nous trouvons », disent-ils. Où est le problème alors ?

Nacer B.