Cela fera bientôt deux mois que la commune d’Irdjen est en panne administrative pour cause de retrait de confiance au président de la part de la majorité des élus.
Et rien ne semble se profiler à l’horizon de la part de l’une ou l’autre des parties en conflit, desquelles aucune décision n’est venue de nature à changer la situation de blocage.
La tutelle semble aussi se complaire dans l’attentisme, alors vers où s’achemine-t-on ?
Selon les dires des parties en conflit, il apparaît qu’il s’est installé un climat de suspicion. Les élus accusent le maire, M. Cherrad, de gestion personnelle et d’autoritarisme, ainsi que d’écarts verbaux en deçà des règles minimales de la bienséance qui sied à la charge élective. Un vice-président affirme : “les différentes commissions ne sont dans les faits pas reconnus par le maire puisque il ne tient pas compte de leurs décisions ; la commission financière ne se réunit pas du tout. Le maire n’a même pas associé les élus dans le définition et les impacts des projets PCD.”
Les conflits administratifs ont vite nourri des rancœurs personnelles qui ont pris le pas sur la discipline partisane. Le limogeage du premier vice-président, le 17 août dernier, a été le point d’orgue de cette confrontation feutrée qui a donné naissance à une contestation irréductible, regroupant toutes les sensibilités politiques de l’Assemblée dans le mouvement de défiance. La situation est préjudiciable à plus d’un titre. Le budget supplémentaire ne peut être débloqué, puisqu’il faut une délibération des élus. La dotation de la moins-value fiscale, de près d’un milliard de centimes, est en attente pour la même raison.
Toute la machine municipale est dans une inconfortable situation de stand-by.
La commune d’Irdjen se distingue par le triste palmarès d’une instabilité chronique confinant à la pathologie. Depuis vingt ans, aucun président n’a pu aller au bout de son mandat.
Certains présidents ont été défaits grâce à des scénarios rocambolesques qui feraient pâlir d’envie Machiavel.
On cite tel élu qui a pu faire partir un président adversaire, grâce à une alliance avec une majorité maligne de circonstance qui jouera le même rôle à son encontre quelques mois plus tard. Si les parties en conflit actuellement récusent toute ambition de fauteuil, il reste que le bout du tunnel semble encore bien loin.
Et ce sera bien entendu la population qui sera pénalisée par cette situation stérile de “wait and see.”
M. A.
